I. INFLUENCE DE LA TRADITION
; les signes précurseurs du Jugement. Cette courte pièce de vingt-sept vers (multiple où se retrouve la vertu du nombre élémentaire 3) est celle qui commence par les mots :
Judicii signum, tellus sudore madescet...
Elle a connu au moyen âge une large célébrité : elle a été copiée dans une foule de manuscrits et elle a servi de base aux divers petits traités en langue française qui ont commencé à se répandre à partir du xu° siècle sous le titre Les quinze signes du Jugement. I1 n’est pas impossible que l’auteur de la Chanson de Roland l’ait connue et s’en soit inspiré, sans avoir eu recours à la Bible même,
Toutefois, à en juger d’après d’autres indices, il semble qu’il ait possédé une connaissance des Écritures plus précise que celle qu’on attendrait d’un fidèle quelconque de l’Église.
. Il raconte, au début de son poème, que Charlemagne réunit son conseil pour délibérer sur les ouvertures du roi Marsille. Il énumère les personnages qui s’y rendent : il les nomme au nombre de onze, puis en ajoute un douzième, Ganelon, « Ganelon qui, dit-il, fit la trahison » 1. C’est de la même façon que Luc, dans son Évangile, ayant nommé onze des apôtres, nomme le dou-