I. INFLUENCE DE LA TRADITION
L’archange Gabriel, ange gardien de l’empereur, joue dans le poème un rôle particulièrement important. Quand Roland sent sa mort prochaine, il invoque Gabrieli; quand, pour ses péchés, dont il réclame le pardon, il tend vers Dieu le gant de sa main droite, Gabriel en personne vient le recevoir ?; quand il rend le dernier soupir, Gabriel se joint à Chérubin et à saint Michel pour emporter son âme au paradis 5. Quand Charlemagne, de son côté, se rencontre en combat singulier avec l’émir Baligant, il reçoit de son adversaire une blessure qui le fait chanceler ; mais Dieu ne veut point qu’il soit tué ni vaincu : il lui envoie Gabriel, qui l’exhorte : « Roi Magne, que fais-tu ? » Et ces paroles rendent à l’empereur la confiance et la force {.
A quel exemple, en imaginant ces traits, le poète se conformait-il, sinon à celui des livres sacrés, où les anges figurent si souvent comme messagers du Seigneur ?
Le rôle particulier qu’il a réservé à Gabriel semble le prouver catégoriquement. On s’est parfois étonné que ce soit cet archange, et non pas un autre, qui assiste Roland. On l’a expliqué en remarquant que Gabriel était l’ange des bonnes nouvelles ; qu’il avait annoncé à Zacharie la nais-
. Vers 2390.