‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 11 sur 173 · I. LES ORIGINES DE LA LÉGENDE · texte numérisé non relu

I. LES ORIGINES DE LA LÉGENDE

côté, par l’octroi des fiefs, il tendait au morcellement de la propriété domaniale ; mais d’autre part, par les liens de l’hommage, il créait, entre suzerains et vassaux de puissantes attaches morales. Le vassal qui prêtait hommage entre les mains de son seigneur ajoutait à cet acte de soumission un serment de fidélité prêté sur les évangiles et les reliques. Il engageait ainsi le meilleur de lui-même. Le fief qu’il tenait désormais sous la condition de la foi jurée lui imposait des devoirs autant qu’il lui conférait de droits; et c'était du même nom, le nom d’ « honneur », qu’on désignait à la fois sa terre et la dignité personnelle dont il était revêtu. L’honneur chevaleresque : c’est sur cette grande idée, sacrée entre toutes, que reposait, en son assise dernière, l’organisation féodale.

Le seul commandement de fidélité à la foi jurée suffisait pour assurer l’unité interne des états et, dans une certaine mesure, la cohésion des différents états entre eux. Il rendait possibles de larges accords et d’étroits groupements politiques. I1 fournissait une base solide à la construction que devaient tenter et réussir les rois de France de la troisième dynastie.

Mais ces forces latentes ne possédaient qu’une

existence! virtuelle. Elles ne constituaient que

des possibilités. Pour aboutir à des créations positives, elles avaient besoin d’être mises en

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