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action dans un sens déterminé. Et cette orientation, elles commencèrent à la recevoir, au cours du xr° siècle, moins de l’initiative des rois de France que de l’idée religieuse représentée par la papauté et par les grands ordres monastiques de Bourgogne.
La papauté, à ce moment-là, commençait à disposer d’une autorité qu’elle n'avait encore jamais connue. Elle l’avait acquise au cours de luttes pénibles. Pendant le x° siècle, son prestige était tombé au plus bas : les morts misérables de Formose, de Jean XII, de Boniface VII, en témoignent suffisamment ; et pendant toute la première moitié du xl° siècle le Saint-Siège n'avait été qu'une sorte de fief dont les empereurs d'Allemagne, d’Otton III à Henri III, avaient disposé à leur gré. Mais, vers l’année 1050, par le génie d'hommes supérieurs, les choses prirent un cours nouveau. La réforme du clergé, la répression de la simonie et du nicolaïsme eurent pour effet de rétablir l’indépendance et la dignité du pouvoir ecclésiastique. Le décret de Latran de 1059, relatif à l’élection des papes, ôta aux puissances temporelles tout prétexte d'intervenir dans la désignation du souverain pontife. En 1077, l’empereur Henri IV, excommunié par Grégoire VII, subissait l’humiliation de Canossa ; et si Grégoire acheva son pontificat dans l’exil, Henri lui-même, en 1106, maté par
D politique d'Urbain II et de Pascal IT, finissait
comme un vaincu.
Affranchie du joug des empereurs d'Allemagne,
forte de l'appui d’un clergé arraché à la tutelle
du temporel, soutenue par l’action des grands ordres religieux, la papauté, au milieu du
… x1° siècle, se sentait libre pour reprendre l’œuvre
apostolique qui était la sienne par destination naturelle, pour travailler à l’établissement du christianisme dans le monde.
Or, depuis le temps où cette idée avait trouvé
auprès des grands Carolingiens le soutien dont
elle avait tellement profité, des menaces redou-
tables venaient des peuples infidèles : païens du
Danemark, païens de Hongrie, musulmans d'Espagne. C’était dans ce dernier pays que se faisait sentir le plus durement la pression de
PIslam sur la chrétienté. Là vivait une popula-
tion opprimée par la conquête sarrasine ; de là partaient d’innombrables vaisseaux qui ravageaient les littoraux méditerranéens. Et c’est contre les envahisseurs d’Espagne que la papauté s’employa durant le xI° siècle, d’abord avec timidité, puis avec une fermeté croissante. Elle ne possédait pas la force matérielle qui y était nécessaire ; mais elle pouvait utiliser la puissance militaire de la France. Elle s’y appliqua. Toute-
“fois, pour y réussir, il convenait d’abord de
- mettre un terme à la turbulence stérile des