‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 110 sur 173 · I. INFLUENCE :DE LA TRADITION · texte numérisé non relu

I. INFLUENCE :DE LA TRADITION

ñ af Et le poète ajoute :

De ço qui chelt, quant nul n’en respundiet ?,

On songe, en lisant ces vers, à un mouvement oratoire qui a été repris inlassablement, pendant des siècles, par une foule de poètes et de prosateurs, quand ils ont eu à traiter le thème éminemment chrétien de la vanité des gloires humaines. C’est celui qui consiste à se demander, en une série d’interrogations uniformes, ce qu’il est advenu des hommes puissants ou célèbres du passé, de tous les biens, de tous les honneurs, de toute la sagesse dont les mortels ont pu un temps se faire vains. Entrant dans une tradition littéraire d’origine biblique et popularisée par saint : Paul, le même Isidore de Séville, dont les Étymologies semblent avoir prêté quelque chose à la description du destrier de Turpin, a écrit dans ses Synonymes 1 :

Brève est la félicité de ce monde, mince est la gloire de ce siècle. La puissance temporelle est vaduque et fragile. Dis-moi, où sont les rois ? où sont les princes ? où sont les empereurs ? où sont ceux qui possédaient ? où sont les puissants du monde ? où sont les riches de la terre ? Ils ont

passé comme une ombre, ils se sont évanouis comme un songe.

C’est là le thème de la fragilité des choses humaives, c’est le mouvement « où sont... où

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