‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 111 sur 173 · AU · texte numérisé non relu

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sont...? » qu'après une foule d’autres écrivains, Villon reprendra à son tour au xv° siècle 1.

Or, il est bien vrai que la pensée de Charlemagne, en arrivant sur le terrain du combat, ne prend pas le tour de la méditation, L'empereur ne se met pas à philosopher ; il n’est pas saisi par un sentiment religieux : sa préoccupation est celle du chef militaire qui procède à l’appel de ses hommes. Mais tous ceux dont il évoque les noms manquent à lui répondre : ils ont péri; et Charlemagne, devant un tel désastre, est pris d'angoisse. Toute cette vailiante chevalerie, la sienne, a succombé. La perte qu’il vient de subir frappe son esprit de stupeur. Et comment ne pas reconnaître dans son émotion d’alors quelque chose du sentiment que les grandeurs terrestres sont sujettes à retomber dans le néant ? Ses exclamations : « Où est Roland ? Où est l’archevêque ? Où est Olivier ?... » traduisent la grande désolation de son cœur, subitement placé devant l’irréparable, de même qu’elles servaient, dans la bouche des prédicateurs, à exprimer la vanité de la puissance. /Le style de la Chanson de Roland est toujours simple et uni ; on n’y relève aucune recherche oratoire ; et le secret de son éloquence est de n’être point éloquent. Le procédé de rhétorique qui paraît dans les paroles de Charlemagne

1. Sur l’histoire de ce thème, voir Étienne Gilson, Les tdées et les lettres, p. 9 et suivantes,

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