‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 113 sur 173 · II. LA CONCEPTION DU SUJET · texte numérisé non relu

II. LA CONCEPTION DU SUJET

C’est une question de savoir quelle a été l’ori- ginalité de ce lettré par rapport à ses prédécesseuts.

Sauf ce qu’on peut supposer, comime nous f’avons fait, de relations très générales entre son œuvre et celle des autres trouvères du xI° siècle, on ne sait, en somme, rien de précis sur l’étendue et les limites de ses emprunts ou de ses initiatives. Les points de comparaison font totalement défaut, puisqu'il n’est pas une seule chanson de geste, certainement antérieure à la sienne, dont le texte nous soit parvenu.

L’unique ressource est de le juger d’après ses façons de procéder lorsqu'il exploite un texte de langue latine. Et quand le cas se présente, il faut reconnaître que sa manière est loin de ressembler à celle d’un imitateur servile, Par exemple, la prière de Roland, à l'instant de sa mort, reproduit, avons-nous dit, l’ordre et les termes de la Recommandation de l’Ame, tels que les prescrivait le rite chrétien, en sorte qu’en entendant la supplication du preux, chacun sentait s’élever en soi l’émotion des heures suprêmes, le tourbillon des regrets terrestres mêlés à l’espérance céleste. Mais qui donc n'aurait pas éprouvé en

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