‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 13 sur 173 · I. LES ORIGINES DE LA LÉGENDE 27e · texte numérisé non relu

I. LES ORIGINES DE LA LÉGENDE 27e

28 Shirt LES ORIGINES

seigneurs féodaux, à ces dissensions, à ces luttes fratricides où s’épuisait le sang chrétien; ïül convenait ensuite d'organiser le ralliement des forces militaires capables de secourir la chrétienté menacée. Déjà, sans autre intention que d’arrêter les dévastations, toute une série de conciles s'étaient tenus successivement, de 989 à 1041, à Charroux, à Limoges, au Puy, à Poitiers, à Toulouges. En 1095, au concile de Clermont, le pape Urbain II proclama solennellement la Paix et la Trêve de Dieu : mais à ce moment-là, la condamnation des guerres seigneuriales ne s’inspirait plus seulement du désir de mettre fin à de gaspilleuses effusions de sang : elle visait, en outre, à tourner l’effort des armes vers la guerre sainte.

Dans les grandes tendances qui gouvernaient l’esprit de ses contemporains, qu'est-ce donc que pouvait discerner un Français éclairé de cette époque ?

Il voyait, sur toute l’étendue du territoire, un monde remuant de grands et de petits seigneurs, constamment en bataille les uns contre les autres, avides de butin, aveuglés d’orgueil; — de seigneurs qui, pourtant, connaissaient une loi, la loi de fidélité du vassal à son suzerain, capable, même en l’absence de sanctions matérielles, de susciter, à l’occasion, de grands dévouements.

Il voyait aussi, dans le même pays, un roi, le

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