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ces armes magnifiques, ces bijoux, ces étoffes, ces
gemmes; ces chevaux sellés d’argent, rapides comme l’hirondelle ou le faucon; ces troupes dont les armes flamboient au soleil, dont les heaumes
gemmés resplendissent,. dont les gonfanons mul-
ticolores flottent au vent, dont les clairons sonnent, dont les tambours battent par milliers; ces grandes batailles, ces écus fracassés, ces hauberts qui crissent sous le choc, ces lames
‘d’acier qui grincent sur les heaumes, ces cavaliers
jetés à terre, qui meurent dans les hurlements; ces flottes sarrasines aux hautes proues, qui portent au sommet des mâts les escarboucles et les lanternes dont les mers s’illuminent pendant la nuit; ces grands coups des épieux qui transpercent écus et brognes, des épées qui pourfendent cavaliers et montures : autant de visions dont le poème abonde,
Mais jamais un trait descriptif ne s’introduit dans le récit qui ne concoure à l’impression d’ensemble désirée par l’auteur. ses plus rapides notations, l’esquisse d’un paysage aussi bien que le tableau d’une bataille, ne viennent que pour éveiller « renforcer chez l’auditeur les sentiments nécessaires au dessein du poète, pitié, sympathie, terreur, admiration, ou bien encore, et surtout, pour motiver ou accompagner de concordances expressives les actions et les sentiments des héros. Cette description des sombres gorges pyrénéennes,
Hauts sont les monts et ténébreux les vaux :
les roches sont bises, les défilés sinistres 5 — expritie la menace de l’adversité suspendue sur l’armée de Charlemagne tandis qu’elle repasse les montagtes après avoir laissé Roland à l’arrièregarde. Cette longue description de l’armément de Turpin, plus complaisante que pour aucun autre combattant, à pour but de donner à ce prélat l’aspect d’un « véritable baron ». Cette description éclatante de l’armée sarrasine qui se rue à Ron-
cevaux pour la bataille sert à introduire le con:
trasté de l'émotion d'Olivier et de la calme intrépidité de Roland.
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La peïnture des caractères. — Car c’est sur ce point qu’en fin de compte “se concentrent l’attention et l'intérêt : c’est sur les caractères. Les idées qui ont inspiré le poète et qui constituent le principe vital de son œuvre, c’est bien, en une certaine tnesure, le tour donné aux événements pat sa libre imagination qui les impose; mais-ce qu’elles ont, à l’application, de force poétique et de beauté morale, c’est dans l’âme des personnages qu’il faut le chercher. Au fond, l’atbitraire d’un déniouetient triplement miraculeux — la victoire de Roland, Îa victoire de Charlemagne, la victoire de Thierri — n'empêche pas que l’occasion et la justification en soient fournies par l'attitude des