‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 142 sur 173 · TT. LE TRAVAIL DE L'ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

TT. LE TRAVAIL DE L'ÉCRIVAIN

Pur les pechez que en ma vie fis ! »

Sun destre guant a Deu en purofirit.

Saint Gabriel de sa main l’ad pris.

Desur sun braz teneit le chef enclin, Juntes ses mains est alez a sa fin.

Deus tramist sun angle Cherubin Et seint Michel del Peril ; Ensembl'od els sent Gabriel i vint.

L’arme del cunte portent en pareïs.

Le procédé qu’illustrent ces deux exemples n’est point particulier à la Chanson de Roland et se trouve couramment employé dans les chansons de geste. Il tirait son origine d’un besoin d’ordre pratique, créé par le mode d’exposition propre à ce genre d'œuvres. La chanson de geste n’était pas primitivement destinée à la lecture : elle s’adressait à des auditoires souvent mêlés, nombreux, tumultueux, devant lesquels des professionnels, les jongleurs, récitaient leurs vers. Ce public, assemblé le plus ordinairement en plein air, était gêné par le bruit et pouvait être sujet à la distraction. Il fallait s’imposer à lui, remédier aux défaillances de son attention, lui fournir la possibilité de rattraper ce qui, une première fois, par la faute d’autrui ou par la sienne, lui avait échappé. La répétition des laisses répondait à cette nécessité. Et l’auteur du Roland a recouru, lui aussi, à cet expédient.

Moyen assez grossier, et qui ne présentait pas, littérairement, que des avantages : car il risquait

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