‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 151 sur 173 · L'éyudition contemporaine et la littérature française au · texte numérisé non relu

L'éyudition contemporaine et la littérature française au

moyen âge (Revue des Deux-Mondes, 15 juin 1870).

les uns ni les autres ne pouvaient rencontrer un jugement sûr, adapté à la réalité. Ceux qui ne goûtaient pas ou qui ne goûtaient que modérément le poème, s’inspiraient du sentiment que la beauté littéraire ne pouvait pas exister en dehors des canons de l’art classique ou de l’art moderne. Ceux qui l’admiraient, et pour qui la comparaison avec l’antiquité aboutissait toujours à la constatation d’un contraste, célébraient les avantages des trouvailles instinctives sur les calculs de l’art, “méconnaissant que l’art du moyen Âge, pour être différent de l’art des anciens, n’en était pas moins un art. Dès 1867, Gaston Boissier ! avait bien signalé, avec une grande finesse, le danger de ces

comparaisons du moyen Âge avec l’antique : mais,

loué par tous, il n'empêcha pourtant pas la mode de se perpétuer, plus ou moins consciemment ac- . ceptée.

Veut-on savoir comment, à la fin du xix° siècle, la Chanson de Roland pouvait apparaître aux regards d’un lecteur cultivé, sincère dans ses jugements, exempt de préjugés, à la fois éclairé par les travaux de la critique savante et habile à se former une opinion au contact direct des textes ? Le mieux est peut-être d'ouvrir le dernier des grands manuels d’histoire littéraire qui eût alors paru, celui de M. Gustave Lanson. Rien ne montre plus nettement la survivance, même dans

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