‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 19 sur 173 · RS EEE EC PC SE CET · texte numérisé non relu

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les autres, les soldats du Christ. Leurs esprits associaient en une étroite union la notion de sainteté et la notion d’héroïsme. Gens de guerre et gens de religion, loin de se mépriser ou de se jalouser, s’employaient à la même œuvre, persuadés qu’il n’était pas de plus belle mission au monde que de combattre pour le triomphe de la chrétienté.

Et qui donc, sur la route qu’ils suivaient en commun, pouvait leur proposer, pour se conduire, l'exemple le plus éclatant ? Sur ces terres où ils luttaient, ils avaient eu un prédécesseur, glorieux: entre tous : c'était celui qui, le premier, avait passé les Pyrénées pour faire sentir aux Sarrasins le poids des armes chrétiennes ; c'était celui que Dieu avait choisi pour établir un nouvel empire, un empire franc, héritier de l’empire romain, mais dont Rome, la Rome des papes, restait la tête ; c'était Charlemagne. Le grand empereur avait étonné l’univers par ses exploits ; mais, maître du monde, il avait fait travailler sa puissance à la prospérité de l’Église, dont üil s'était institué le champion. Du moins était-ce devenu une tradition d’en juger ainsi. C’est pourquoi pour tous ceux que l’idée de la guerre sainte engagea, à partir de la fin du xI° siècle, dans des expéditions lointaines, Charlemagne devint le patron de leurs entreprises. Charles avait fondé à Jérusalem l’église Sainte-Marie-

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