‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 30 sur 173 · II. LES ORIGINES DU POÈME · texte numérisé non relu

II. LES ORIGINES DU POÈME

ticulier, dont l’analyse est décevante, on étudie l’inspiration intime du poème, ce qu’on constate,

- c’est un état d’esprit qui exclut tout régionalisme.

Le

En quelque province que soit né l’auteur de la Chanson de Roland, il est clair qu’il existait pour lui une France dont toutes les parties étaient solidaires les unes des autres. C’est à ce pays, géographiquement mal défini, que va l'affection de ses héros et, certainement, la sienne. Songeaitil précisément à la France capétienne ? L/effort de cette nation pour se reconstituer et dont il était le témoin le faisait-1l rêver d’un avenir dont le passé, riche du souvenir de l’empire carolingien, pouvait lui suggérer l’image anticipée ? On ne sait. Et il suffira sans doute de constater simplement que ses sentiments étaient ceux d’un Français.

De sa condition on ignore tout. Ceux qui, l’identifiant avec le Turold nommé à la fin de la Chanson, ont essayé de le reconnaître en des personnages mentionnés par ailleurs, l’ont donné tantôt pour un abbé, tantôt pour un évêque. Il faut se résigner à douter. Était-il un ecclésiastique ? Peut-être. Encore faut-il s'étonner qu’en ce cas il ait, comme on le verra, placé Roland en un rang moral supérieur à celui de Turpin.

Était-il moine? Il serait alors surprenant qu’il ait fait exprimer à Turpin des sentiments passablement dédaigneux à l’égard de la vie monas-

oo —

tique. Était-ce un clerc? un jongleur? Il se peut. Mais le seul fait certain, c’est qu’il était un homme cultivé. On le verra lorsque le moment sera venu d'étudier la forme de son talent.

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