‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 41 sur 173 · RO CAES EL EE A D · texte numérisé non relu

RO CAES EL EE A D

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XXXV a

Les meilleurs des Sarrasins l'ont tellement prié, que Marsille s’est rassis sur son fauteuil. L’Algalife dit : « Vous nous avez mis dans notre tort en voulant frapper le Français : votre devoir était de l'écouter et de l'entendre. »

— « Seigneur, dit Ganelon, il faut que je supporte ces excès. Mais tout l'or que Dieu a créé dans le monde et toutes les richesses qui sont en ce pays ne saurai nt m'empêcher de dire à votre roi, si j'en ai le loisir, ce que Charles, le roi puissant, lui mande par moi, comme à son mortel ennemi. »

Il portait un manteau de zibeline, recouvert de soie alexandrine : il le rejette; Blancandrin le reçoit. Mais son épée, il ne la lâche pas : il la tient de son poing droit par le pommeau doré. Les païens disent : « Voilà un noble baron ! »

Ganelon s’est avancé vers le roi et lui a dit: « Vous avez tort de vous courroucer. Charles, qui règne sur la France, vous mande ceci : recevez la loi chrétienne ; il vous donnera en fief la moitié de l'Espagne. L'autre moitié sera pour Roland, son neveu, — un orgueilleux compagnon de partage que vous aurez là! Si vous ne consentez pasà cet accord, il viendra vous assiéger dans Saragosse. Vous serez pris et lié ; vous serez mené tout droit à Aix, non point chevauchant destrier ni palefroi, non point mulet ni mule, mais jeté sur une mauvaise bête de somme ; et là, vous serez condamné à perdre votre tête... Voici le bref que notre empereur vous envoie. » Il le remet au païen, qui le saisit de sa main droite.

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