‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 49 sur 173 · LENT · texte numérisé non relu

LENT

briller les heaumes aux gemmes serties d’or, et les …

écus, et les hauberts bleutés, et les épieux et les gonfanons qui y sont fixés. Il ne peut même pas dénombrer les corps de bataille : il y en a tellement, qu'il ne saurait les compter. Il en est, en lui-même, tout ému. Au plus vite qu’il peut, il dévale de la hauteur. Il vient aux Français, il leur raconte tout.

Olivier dit 4 « J'ai vu les païens : jamais homme sur terre n’en vit davantage. Ils sont devant nous cent mille, qui portent des écus, le heaume lacé et revêtus de blancs hauberts. Leurs lances sont dressées et leurs épieux bruns reluisent. Vous aurez une bataille telle qu’il n’y en eut jamais. Seigneurs Français, que Dieu vous donne sa force. ! Tenez ferme, que nous ne soyons vaincus ! »

Les Français disent : « Malheur à qui s’enfuirait ! Jusqu'à la mort pas un de nous ne vous manquera. »

Mais, si peu nombreux contre cette innombrable

armée, les Français, avec toute leur vaillance,

pourront-ils résister ? Puisqu’il en est un moyen,

la sagesse ne veut-elle pas qu’on s’assure du renfort ? Roland ne devrait-il pas sonner de son cor et rappeler l’empereur ? C’est l’avis d'Olivier, qui a compris la grandeur du danger et qui presse Roland d’emboucher son olifant. Mais Roland, fièrement, obstinément, s’y refuse. Il a reçu le commandement de l’arrière-garde dans des conditions difficiles, qu’il s’est plu à rendre plus difficiles encore. Par fierté, par orgueil, il a

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