RE ——————————— I. LES ORIGINES DE LA LÉGENDE
son de geste. Mais, sous ces diverses modalités, “une doctrine — une hypothèse — demeurait constante, selon laquelle l'épopée française aurait jailli du feu même des événements : née dans les batailles, -elle se serait nourrie de l’enthousiasme des guerriers et aurait pris son vol au-dessus des combattants comme le souffle de leurs âmes héroïques. La Chanson de Roland aurait été, à Porigine, la cantilène d’un poète inconnu, qui, pour consoler les compagnons du paladin, au nombre desquels il se trouvait peut-être luimême, aurait célébré son courage et déploré sa mort en un chant élémentaire, destiné à prendre une forme proprement épique en passant de génération à génération et de peuple à peuple : tel était l’avis de Gaston Paris. A moins que cette chanson — tel était l’avis de Pio Rajna — eût été coulée dès l’origine, dès le temps de Charlemagne, dans le moule déjà existant de la chanson de geste.
; Ces façons de se représenter les choses ne sont “ que des constructions fragiles. Poser que. la légende de Roland, à peu près telle qu’elle s’exprime dans la Chanson de Roland, serait l'écho répercuté d’un travail poétique commencé dès le … vr° ou dès le 1x° siècle ; la considérer comme un | simple aspect du souvenir historique, comme la ; forme dont se parent les événements quand des mémoires plus fidèles d'intention que de fait les
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