‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 6 sur 173 · RS OT, EE · texte numérisé non relu

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ont longuement portés et couvés ; se la figurer, par rapport à l’histoire, comme le pampre associé au thyrse et qui en enserre étroitement la hampe de ses rinceaux :ce sont des suppositions que rien ne confirme dans la réalité. De poèmes — cantilènes ou épopées — composés au lendemain de la bataille des Pyrénées où périt Roland, il n’existe pas la moindre trace. Pas un poème, pas un fragment de poème, et, il faut l’ajouter, nulle allusion, chez aucun auteur, à aucun poème.

Car c’est une lourde méprise d’invoquer, comme on l’a fait, le témoignage de la Chanson de Roland elle-même. Roland, au moment où la rescousse du roi Marsille marque à Roncevaux le début d’une nouvelle phase de la bataille, s'adresse à Olivier et l’exhorte à bien frapper. « Nos épées sont glorieuses », lui dit-il à peu près, ajoutant t :

« Male chançun n’en deit estre cantée ! »

Et l’on a cru pouvoir donner ces paroles pour la preuve qu’au temps où vivait le héros, l’idée paraissait naturelle de songer, au milieu même de la bataille, à la présence de quelque poèteguerrier, qui, « les yeux grands ouverts;-s’enfonçait dans la mémoire les événements dont il était le témoin » et qui, plus tard, les chanterait. Mais

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