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Roland voit le grand massacre des siens. Puisqu’il a épuisé toute ressource, il juge le moment
. venu de rappeler l’empereur, de sonner de son
olifant. Mais, quand Olivier lui en donnait le conseil, au début de la bataille, il l’a repoussé, et de quelle force ! Comment, maintenant, s’expliquera-t-1l ?
Il ne s’expliquera pas. Mais il est clair que la façon dont il va consulter Olivier, que les paroles par lesquelles il va reconnaître la sagesse de son premier avis, ne sauraient passer pour l’expression d’un regret. Ces paroles ne feront que marquer, en une circonstance nouvelle, l’idée particulière qu’il se fait de son devoir. Olivier, engagé dans l’action, ne pourra comprendre son attitude : il la blâmera, il la raillera d’un ton amer. Et c’est pourquoi s’élèvera entre les deux amis un désaccord émouvant. Mais nous, nous comprenons. « Trop tard », reproche Olivier. «a Je sonnerai », répète pourtant Roland. Est-ce forcer le texte que d’entendre : « Oui, trop tard, je le sais; mais c’est justement ce que j’ai voulu! » Et c’est pourquoi la scène sera magnifique, Turpin apaisera la querelle des deux compagnons en disant : « Sonnez : Charles du moins nous donnera une sépulture honorable. » Ce n’est pas dans un meilleur espoir que Roland a décidé de sonner.
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