‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 61 sur 173 · F* | NS · texte numérisé non relu

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Roland sonne de son olifant ; et les monts et les vaux en retentissent jusqu’à plus de trente lieues. I1 sonne ; et tandis qu’il s’efforce, que de sa bouche, tant il y met de peine, jaillit le sang clair, que les veines de ses tempes se rompent, là-bas, à la sortie des défilés, le traître Ganelon,

haineux, méprisant, enflant son insolence, vou- .

drait persuader Charlemagne que ce cor, qu’il entend et qui le fait tressaillir, Roland en sonne pour son amusement. Mais la voix se prolonge ; et le duc Naimes comprend, et Charles aussi comprend.

Roland a porté l’olifant à sa bouche. Il l’applique à ses lèvres, il en sonne à pleine force. Hauts sont les monts et la voix du Cor se prolonge. On l’entend se répercuter à trente grandes lieues. Charles l’entend et l’entendent toutes ses troupes.

Le roi dit : « Nos hommes livrent bataille ! »

Et Ganelon lui réplique : « Qu'un autre l'eût dit,

- on y verrait un grand mensonge. »

Le comte Roland, à grand effort, à grand ahan, douloureusement, sonne de son olifant. De sa bouche jaillit le sang clair. Sa tempe se rompt. Le son du cor qu'il tient se répand au loin. Charles l'entend, au passage des ports.-Le duc Naimes écoute, les

… Francs écoutent.

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