‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 62 sur 173 · PL · texte numérisé non relu

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“Le roi dit : « J'entends le cor de Roland ! Il n’aurait jamais sonné s’il n’était dans la bataille. »

Ganelon répond : « Il n’y a point de bataille ! Vous voilà vieux, vous avez le chef blanc et fleuri : vos paroles ressemblent à celles d’un enfant. Vous connaissez assez le grand orgueil de Roland : c’est merveille que Dieu ie supporte. Il a pris Naples sans votre ordre. Les Sarrasins, faisant une sortie, livrèrent bataille au bon vassal Roland : il fit laver les prés avec de l’eau pour en effacer les traces de sang. Pour un seul lièvre, il va cornant toute une journée. Aujourd'hui, il se livre à quelque jeu devant ses pairs. Personne au monde n'oserait s'attaquer à lui. Allons ! chevauchez ! Pourquoi

vous arrêter ? Notre terre natale est encore loin devant nous ! »

Le comte Roland a la bouche sanglante. Sa

tempe s’est rompue. Il sonne de l’olifant d’un effort douloureux. Charles l'entend, ses Français l’enten-

dent.

Le roi dit : « Ce cor a longue haleine |! »

Le duc Naïmes répond : « C’est qu’un baron y

met toute sa peine. Il y a bataille, j’en suis certain. Celui-là a trahi qui veut maintenant que vous vous dérobiez. Armez-vous, poussez votre cri d'armes et secourez votre noble mesnie. Vous l’entendez bien que Raland se lamente ! »

Alors l’empereur fait sonner ses cors ; et tandis qu'à ce signal les Français revêtent leurs armures et montent sur leurs destriers, il fait saisir Ganelon et le remet aux garçons de sa cuisine, qui traitent le félon comme savent le faire les gens

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