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LA MORT, DE ROLAND. sytrax"
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=. Hanbart déchiré, fée corps ee de coups. Roland, À
revenu à lui, brûle de douleur et de colère. Il se remet à frapper dans les rangs ennemis ; et Gautier et Turpin ajoutent leurs coups aux siens...
Devant ces trois hommes, dont pas un ne faudra au% autres, les païens s’exaspèrent. Ils sont là, mille à pied, quarante mille à cheval. Ils lançent leur malédiction contre ceux qui laisseront échapper vifs des adversaires dont ils enragent, eux, si nombreux, de ne pas venir à bout ; et, recommençant leurs huées et leurs cris, ils reviennent de toutes parts. N’osant trop approcher, les voilà qui, de loin, se mettent à jeter des lances, des épieux, des guivres, des javelots, tout. ce qu’ils peuvent. Aux premiers coups ils ont tué Gautier de l Hume ; et bientôt ils ont aussi atteint Turpin, lui brisant son heaume et le blessant à la tête, lui trouant son haubert et lui enfonçant quatre épieux dans le corps.
Vont-ils donc vaincre ? Pas encore ! Ils ne vaincront jaïnais.
Car l’archevêque, abattu de son destrier, s’est remis sur ses pieds et, tirant Almace, son épée,
: il en donne plus de mille coups. « Je ne suis pas
vaincu :; s’écrie-t-il. Un bon vassal, tant qu’il vit, ne se rend pas. » Plus tard, Charlemagne verra bien qu’il ne ménagea personne, et il trouvera étendus autour de lui plus de quatre cents paiens, ou traversés ou décapités.
Et Roland, lui aussi, multiplie ses coups. Et comme, trempé de sueur, brûlant de fièvre, la tempe douloureuse, il tire encore un appel de son
olifant pour savoir si Charles reviendra, l’empe-
reur, qui hâte sa marche, lui fait répondre par tous les clairons de son armée, soixante mille clairons, dont l’éclat se répercute à travers les montagnes.
Les paiens ont entendu et n’ont pas envie de rire. Ils comprennent que Charles va arriver ; ils savent que, s’il arrive, ils ne pourront tenir; ils se disent que, si Roland vit, la guerre recommencera, qu’ils perdront l'Espagne, leur terre. Alors quatre cents d’entre eux se rassemblent, ceux de leur armée qui se sentent les meilleurs, et livrent à Roland un suprême assaut.
C’est en vain ! Roland leur rend leur assaut de tout l’élan de son bon cheval ; et quand, revenu auprès de Turpin, qui est à pied et qu’il ne veut pas laisser seul, il décide de tenir sur place à ses côtés, les coups de son épée continuent d’épouvanter l’ennemi. Jamais Roland ne sera vaincu par homme de chair ! Les païens le voient bien. Déjà, tandis -que retentissent les clairons, ils commencent à entendre le cri de « Montyjoie ! » poussé par ceux de France. Alors, ayant lancé de loin contre Roland une pluie de dards, d’épieux et de museraz, et n’avant réussi qu’à déchirer son armure et abattre son destrier, ils se mettent à
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fuir, sans chercher rien de plus. Pleins de rage et de dépit, ils regagnent l’ Espagne de toute la vitesse de léurs montures.
Sur le champ de bataille désormais vide d’ennemis et dont il demeure le maître, Roland reste debout, seul avec Turpin. Déjà menacé par la mort, c’est à ses pairs qu’il pense, c’est à Olivier, son compagnon. Il veut que ne leur manque l’honneur ni de la plainte funèbre, ni des prières dernières. Il se met à rechercher leurs corps sur le champ de carnage ; il les apporte à l’archevêque et les présente à sa bénédiction. À l’accomplissement de ce pieux devoir, il a consumé presque tout ce qui lui reste de souffle. Défaillant de douleur, il tombe pâmé. Et quand il se relève, c’est, dans un échange pathétique de pitié, pour recommander à Dieu, lui, le baron, l’âme de Parchevêque, que vient de terrasser son dernier effort pour lui apporter, lui, le prélat, quelques gouttes d’eau fraîche.
(Le comte Roland) va vers l’archevêque pour lui porter son aide. Il lui délace du chef son heaume doré, lui ôte son blanc haubert aux dures mailles et lui coupe son bliaut en morceaux pour en boucher ses profondes plaies. Puis il le prend dans ses bras, contre sa poitrine, et l’étend doucement sur l'herbe verte.
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« Ah ! gentil seigneur, donnez- moi une permission. Nos compagnons, qui nous étaient si chers, les voilà morts : nous ne devons pas les abandonner. Je veux aller les chercher et les reconnaître, les apporter près de vous et les ranger. »
L'archevêque dit : « Allez et revenez ! Ce champ est à vous, Dieu merci, à vous et à moi. »
Roland lui adresse Fanbiemoit Ar prière :
Roland part. Il parcourt le champ, tout seul, cherche par les vaux, cherche par les monts. Ici il trouve Ivoire et Ivon, et puis il trouve le Gascon Engelier ?. Là il trouve Gérin et Gérier son compagnon, et puis il trouve Bérenger et Aton. Là il trouve Anséïs et Samson, et puis il trouve le vieux Gérard de Roussillon, Un par un le baron les prend, revient avec auprès de l’archevêque et les place sur un rang devant ses genoux. L’archevêque ne peut s’empécher de pleurer. Il lève sa main, donne sa bénédic” tion et dit : « C’est pitié de vous, seigneurs ! Que Dieu le Glorieux reçoive toutes vos âmes ! Qu'il les mette au paradis parmi les saintes fleurs ! Moi- même la mort m'étreint. Je ne verrai plus le puissant empereur. »
Roland repart, cherche encore à travers le camp. Il a trouvé son compagnon Olivier : il le serre étroitement contre sa poitrine. Il revient comme il peut vers l’archevêque ; il couche le corps sur un écu, auprès des autres ; et l'archevêque l’a absous et
signé du signe de la croix. Alors redouble le deuil et la pitié.
1. Cette phrase manque dans le manuscrit d'Oxford, Elle : a été suppléée ici d’après ur autre manuscrit.