III, LE CHATIMENT DES PAIENS
(vers 2397-3674)
La poursuite de Charlemagne (vers 2.397-2.560). — Charlemagne, en toute hâte, a repassé les monts. Mais quand, enfin, après tellement d’efforts pour arriver à temps, après tellement d’impatience et d'angoisse, il parvient à Roncevaux, le silence et la mort règnent sur le champ de bataille. Les chemins et la lande sont jonchés de corps sans vie; pas une aune, pas un pied de terrain où ne gise un Français ou un païen. Dans la désolation de la plaine muette, Charles appelle ses vaillants chevaliers, ceux qu’il a laissés là pour l’arrière-garde. Mais à quoi bon? Personne ne lui répond!
Charles s’écrie : « Où êtes-vous, beau neveu ? Où est l'archevêque ? Où le comte Olivier ? Où est Gérin et son compagnon Gérier ? Où est Oton ? Et le comte Bérenger ? Et Ivon et Ivoire, que j'aimais tant ? Qu'est devenu le gascon Engelier ? Et Samson le duc ? Et le vaillant Anséis ? Où est le vieux Gérard de Roussillon ? Où sont-ils, les douze pairs que j'avais laissés ici ? »
Mais à quoi sert son appel quand pas un ne répond ?