‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 95 sur 173 · L INFLUENCE DE LA TRADITION · texte numérisé non relu

L INFLUENCE DE LA TRADITION

tion du poète de la première chanson de geste, écrit M. Joseph Bédier 1, n’a-t-il pas fallu que ce poète reçût de plus anciens modèles le choc et l'éveil ? Certes, les sources d’inspiration ne manquaient pas, si l’on songe que le xI° siècle disposait de la Bible et que la seule légende de Judas Macchabée, par exemple, renferme tous les thèmes essentiels de la geste de Guillaume, et si l’on considère que, par Virgile et par Stace, par Dictys et Darès et par Servius, par les Actes des martyrs et par les Vies des saints, par les historiens romains et par les Pères de l’Église, le xr° siècle disposait de toute la fable héroïque de l’Antiquité biblique et de l’Antiquité profane, de toute l’épopée antique et de toute l'épopée chrétienne. »

En ce qui concerne la Chanson de Roland, il n’est pas d’indice irrécusable que l’auteur ait fréquenté l’œuvre des poètes romains. Il faut convenir avec M. Joseph Bédier que si, tout au long du poème, le lecteur est sollicité par des souvenirs de l’épopée antique, on ne peut cependant pas mettre un seul vers du trouvère français en regard d’un vers de Virgile et en conclure qu’il y ait eu emprunt conscient ou imitation directe ?.

Dix envoyés du roi Marsille se présentent à Charlemagne, portant chacun un rameau d’oli-

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