COMMENT L’ARCHEVÊQUE DONNE LABSOLUTION AUX FRANÇAIS AVANT LA RENCONTRE
D’autre part est l’archevêque Turpin.
Il éperonne et monte sur un tertre,
(1) J'ai essayé de rendre l’allitération du vers :
Par nus i ert e li colps e li caples.
(2) On verra plus bas dans quelle circonstance Charlemagne donna Durendal à Roland.
CHANT XIV
Parle aux Français et leur dit ce sermon : cc Seigneurs barons, Charle ici nous laissa. c( Pour notre roi, nous devons bien mourir.
<t La chrétienté aidez à soutenir, cc Bataille aurez, tous vous en êtes sûrs, cc Car de vos yeux vous voyez les païens.
« Confessez-vous (i), demandez grâce à Dieu.
I <c Vous absoudrai pour vos âmes guérir, cc Si vous mourez, vous serez saints martyre ;
<t Sièges aurez en haut du paradis. »
j Ils mettent pied à terre et se prosternent.
Au nom de Dieu les bénit l’archevêque :
Pour pénitence, il enjoint de frapper.
Et les Français se remettent sur pieds.
Ils sont absous et quittes de leurs fautes.
Au nom de Dieu, Turpinlesa bénis.
Ils ont monté leurs destriers rapides.
Ils sont armés comme des chevaliers;
En appareil de bataille ils sont tous.
Le preux Roland interpelle Olivier :
« Mon compagnon, vous le savez très-bien, cc Que Ganelon nous a mis dans un piège.
« Il a reçu de l’or et des présents.
ce Notre empereur nous devrait bien venger!
cc Le roi Marsile a fait marché de nous ;
<c Mais il sera payé par nos épées. » aoi.
Voici Roland aux défilés d'Espagne,
Sur Vaillantif, son bon cheval rapide (2).
(1) Le texte dit : Clamez vos culpes.
(2) Dans toutes les chansons de geste, le cheval a une per-
Il est armé; ses armes lui siéent bien.
Le baron va tenant son fort épieu (i),
Contre le ciel le fer en est tourné ;
Un gonfalon tout blanc lacé en haut.
Les franges d’or lui battent jusqu’aux mains. Noble est son corps, son front clair et riant.
Son compagnon vient après, le suivant,
Et les Français l’appellent leur garant.
Il regardait les païens fièrement,
Et les Français d'un œil modeste et doux.
Il leur a dit ces mots courtoisement :
cc Seigneurs barons, allez d'un pas tranquille, cc Ces Sarrasins vont chercher grand martyre, cc Nous en aurons un bel et bon butin : cc Nul roi de France en eut mais un si riche. » Comme il parlait les troupes se rencontrent, aoi.
Olivier dit : « Pourquoi donc parlerai-je? cc Vous n’avez pas daigné sonner du cor.
« De l’empereur vous n’avez pas l’appui, cc Ce n’est sa faute : il n’en sait mot, le brave î cc Ceux qui sont loin ne sont pas à blâmer, cc Chevauchez donc de toute votre force, cc Seigneurs barons, tenez-vous ferme au champ, cc Au nom de Dieu, soyez bien décidés cc A recevoir et donner de grands coups, cc N’oublions pas la devise de Charles ! »
Et les Français poussent leur cri de guerre.
sonnalité bien marquée; il est l’ami du chevalier. 11 en est de même dans les épopées anciennes, notamment dans le Schaknameh , où Raksch joue un rôle très-animé auprès du héros persan Rustem.
(i) Le texte dit palmeïant , son épieu, de palma.
CHANT XV
IOI
Qui les ouït alors crier : « Monjoye ! »
D’un vrai courage aura le souvenir.
Ils partent. Dieu! avec quelle fierté!
Éperonnant pour aller le plus vite :
Ils vont frapper : qu’ont-ils de mieux à faire? Les Sarrasins ne sont pas effrayés.
Franks et païens, voici qu’ils se rencontrent.
ce qu'il advient aux chefs païens qui avaient jure