RC" *ND ET TURPIN DEMEURENT MAITRES DU CHAMP DE BATAILLE
Le preux Roland combattait noblement,
1 Mais tout suant et tout chaud est son corps,
j (1) Son épée. Voir Vouvragede G. Pâris, page 370.
(2) La tradition relaûve ù Gille se retrouve dans le poëmc de Httgues Capet. Hugues, en fuite, rencontre le solitaire qui avait échappé au désastre de Roncevaux.
Et dans la tête il a grande douleur.
D’avoir corné, sa tempe en est rompue :
Il veut savoir si Charles reviendra :
Il prit son cor, le sonna faiblement.
Charles s’arrête, il écoute le cor :
« Seigneurs, dit-il, nos affaires vont mal.
« Mon neveu va nous manquer aujourd'hui ;
« J’entende au son qu’il ne vivra plus guère.
« Qui veut le voir, chevauche avec vitesse.
« Faites corner tous nos clairons ensemble. » Soixante mille avec force ont corné :
Monts résonnaient, vallons y répondaient.
En l’entendant, les païens ne rient pas.
lisse disaient ; « Nous allons avoir Charles ! »aoi.
« Charles le roi revient ; de ceux de France,
« Nous entendons les clairons résonner.
« Si Charles vient, grande perte de nous!
« Si Roland vit, la guerre recommence. »
« Nous y perdons l’Espagne, notre terre;
Lors quatre cents se rassemblent en heaumes, Et des meilleurs qui soient dans leur armée ; Avec vigueur ils attaquent Roland.
Le noble comte, assez a-t-il à faire! aoi.
Le preux Roland, quand il les voit venir,
Se fait plus fort, plus fier et plus solide ;
Ne lâchera tant quJil sera vivant.
Sur son cheval, qu’on nomme Vaiilantif,
Il pique bien des éperons d’or fin ;
Et dans la masse il va les assaillir,
Ensemble avec l’archevêque Turpin.
CHANT XXV
Les Sarrasins se disaient : « Sauvons-nous î u De ceux de France nous entendons les cors;
« Charles revient, le puissant empereur ! »
Le preux Roland n’aima jamais les lâches,
Les orgueilleux, ni les hommes méchants,
Ni chevalier s’il ne fut bon guerrier.
Il appela l’archevêque Turpin :
« Moi, je chevauche et vous êtes à pied;
« Mais par amour pour vous je reste ici :
« Ensemble aurons et le bien et le mal ;
« Homme de chair ne fera que vous laisse (i) ;
« Nous allons rendre aux paiens cet assaut,
« Les meilleurs coups sont ceux de Durendal. » Turpin répond : « Félon qui bien n’y frappe !
« Charles revient, qui nous vengera bien. »
Paiens disaient : « Sommes nés malheureux !
« Et ce jour d’hui pour nous est bien cruel :
« Avons perdu nos seigneurs et nos pairs.
« Charles revient avec ses gens, le brave!
« Nous entendons les clairons des Français.
« Grand est le bruit de ceux qui crient : « Montjoye ! »
« Le preux Roland est de fierté si grande « Qu’homme de chair ne pourra pas le vaincre.
« Tirons de loin et laissons-lui le champ. »
Et les voici qui lui lancent des flèches,
Piques, épieux et des dards empennés ;
L’écu du comte ils fracassent et percent,
(i) Pur nul hume de car. Roland dit qu’il n’abandonne pas Turpin, quel que soit le nombre des ennemis vivants.
Et son haubert ils rompent et démaillent Mais en son corps ils ne l’ont pas atteint ; Ils ont blessé Vaillantif trente fois;
Et sous le comte ils l’ont abattu mort.
Ils fuient alors et lui laissent le champ.
Le preux Roland à pied y est resté, aoi.