‹ La Chanson de RolandChapitre 40 sur 46 · IÔ · texte numérisé non relu

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Frottés d'épice et lavés dans le vin.

Le roi commande, et Thibaut, Gibouin,

Milon le comte et le marquis Othon Ont transporté les corps sur trois voitures Bien recouverts d’un tapis de gala. aoi.

Les Français sont joyeux et bien dispos :

De vive force ils traversent Narbonne (i),

Vont à Bordeau, la cité de grand prix ;

Là, sur l'autel du baron saint Seurin (2), L'emperenr met le cor du preux Roland (3) :

Les pèlerins peuvent l’y voir encore.

Par les grands bacs qui sont sur la Gironde,

Le roi conduit son neveu jusqu’à Blaye,

Sire Olivier, son noble compagnon,

Avec Turpin qui fut sage et vaillant.

Il les fait mettre en des cercueils tout blancs.

A Saint-Romain, là gisent les barons, Recommandés à Dieu et à ses moines.

Charles chevauche et par monts et par vaux ; Jusque dans Aix, il ne veut faire halte;

Tant chevaucha quJil descend au perron.

Sitôt venu dans son palais altier,

Par messagers Charles mande ses juges,

Saxons, Lorrains, Bavarois et Frisons,

Les Allemands, avec les Bourguignons,

Les Poitevins, les Normands, les Bretons,

Et des Français les plus sages qui soient.

Lors commença le plaid de Ganelon.

(1) Ou plutôt Arbonne , qui se trouve sur la route de l’armée.

(2) Saint Séverin.

(3) Le texte ajoute : plsin d’or et de m an gnns.

citant xxxvi.

AUDE (i) DEMANDE A CHARLEMAGNE OrJ EST ROLAND, SON FIANCÉ.

Notre empereur est revenu d’Espagne.

Il vient dans Aix, premier siège de France, Monte au palais, entre en la grande salle.

Aude sen vient, la belle demoiselle,

Et dit : « Où est Roland le capitaine,

« Qui m'a juré de me prendre pour femme? » Charles en a douleur et grande peine,

Pleure des yeux, tire sa barbe blanche :

< t Sœur, chère amie, homme mort tu demandes! « T’en donnerai en échange un meilleur,

« Et c’est Louis, je ne peux pas mieux dire ;

« Il est mon fils, il tiendra mes États. »

Aude répond : « Ce discours m’est étrange !

« A Dieu ne plaise, à ses saints, à ses anges,

« Après Roland que je reste vivante ! »

Elle pâlit, tombe aux pieds du roi Charles,

Meurt aussitôt. Que Dieu prenne son âme ! Barons français la pleurent et la plaignent,

Aude la belle à sa fin est allée,

Et l’empereur la croit évanouie.

Il a pitié, Charlemagne, il en pleure,

| (i) Ce nom est celui d’une vierge qui vivait au v? r.ijele et Idont la fête se célèbre le 18 novembre.

Lui prend les mains, de terre la relève :

La tête choit sur l’épaule inclinée.

Quand Charles voit que morte il l’a trouvée,

Il a mandé d’abord quatre comtesses.

Aude est portée en un couvent de nonnes;

Toute la nuit jusqu’au jour on la veille;

Sous un autel bellement on l’enterre ;

Et Tempereur lui fait beaucoup d’honneur, aoi,

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