‹ La Chanson de RolandChapitre 14 sur 68 · LE DÉPART DE GANELON · texte numérisé non relu

LE DÉPART DE GANELON

A son logis Gane s'en est allé, pour y vaquer à son équipement.

Il se revêt de ses meilleures armes; fixe à ses pieds de beaux éperons d'or ; ceint au côté Murglais, sa bonne épée ; fait amener son cheval Tachebrun; et saute en selle, aidé par Guinemer, qui est son oncle et lui tient l'étrier.

Vous auriez vu maints chevaliers pleurer.

Tous lui disaient :

« Quel malheur est sur vous, vous si ancien dans la cour du roi Charle ! Vous renommé comme noble vassal !

» Ah ! le seigneur qui vous force à partir, même le roi ne saurait le défendre...

■/, Pourquoi Roland eut-il telle pensée ? Vous êtes né de parenté si haute ! »

Ils ajoutaient : « Emmenez-nous, beau sire. »

Mais Ganelon :

« Non pas, à Dieu ne plaise !

» Vous, de tels preux, mourir ! Je mourrai seul.

» Vous reviendrez dans notre douce France. Saluez-y ma femme de ma part, et Pinabel, mon pair et mon ami, et puis Baudoin, mon fils que vous savez; aidez-lui bien, tenez-le pour seigneur. »

Il suit sa voie, et va par les chemins...

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