‹ La Chanson de RolandChapitre 44 sur 68 · LA. LUTTE DÉSESPÉRÉE. MARSILE EN FUITE · texte numérisé non relu

LA. LUTTE DÉSESPÉRÉE. MARSILE EN FUITE

Quand il n'attend ni merci ni quartier, l'homme a main rude et se défend à mort. Aussi les Francs en fiers lions combattent.

Marsile vient avec l'air d'un baron, sur son cheval qu'il appelle Gaignon,

Piquant des deux, il va frapper Bevon, noble seigneur de Beaune et de Dijon; brise l'écu; du haubert rompt les mailles, et l'abat mort, sans plus d'autre façon.

Terrible, il tue Yvore avec Yvon, et puis encore Girard de Boussillon.

Le preux Roland n'était pas loin de là.

— « Damné païen, dit-il, Dieu te maudisse, toi qui à tort me tues mes compagnons!

» Tu le paieras avant de nous quitter, et vas savoir le nom de mon épée. »

Alors il donne un vrai coup de baron, et, d'un

clin d'œil, tranche au roi la main droite.

Puis de son fils, de Jurfaleu le blond, il prend la tête...

Kt les païens s'écrient :

« Mahum, à l'aide! A l'aide, tous nos dieux!

» Ah! vendez-nous de Charle et des Iclons lâchés par lui sur la terre d'Espagne.

» lis mourront tous plutôt qu'ils ne fuiront! »

La peur les lient: « Sauve qui peut! » ericnt-ils. Sauve qui peut! Et ils fuient par milliers.

Qu'on les rappelle, ils ne reviendront pus.

; Comme, ses gens, s'enfuit le roi .M.ir.-ile, à qui Roland a tranche son poing droit, et qui à terre a jeté son écu.

11 a le cœur tout dolent et colère d'avoir perdu la victoire et son fils.

Piquant des deux, il court, à toute bride, chercher abri dan,s son, pays d'Espagne.

Ils sont vingt mille en fuite avec ieur'roi-.

Nul jamais plus n'afTrontei*a la France.

L'un dit à l'autre : « 11 a vaincu Roland ! »

I. Je traduis ce couplet sur le Ictlè du mamisrrit de'V-ciiise (cilé par Mùller (kns son Éditiun de 1S7S) en y iijoirinnt un vers du uianiucril de Paris,

Lli DÉSASTRE. 219

VU

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