‹ La chanson de Roland: traduction nouvelle avec une introduction et des notesChapitre 26 sur 63 · LES PETITS* XCIX · texte numérisé non relu

LES PETITS* XCIX

GuiUauine au Court Nés, poursuivi pair les Sar* raadns, se présente sous les murs d'Orange et ê»^ mande & sa femme de lui ouvrir les portes. CeUe^-ci ne le veut &ire qu'à bon escient. Pendant que le héros cherche à se faire reconnaître, les Sarrazins massacrent ses vassaux : la noble dame lui répond qu'il n'est pas Guillaume :

Or puis Je bien proVer Que tu n'es mie dAns QUiliaume li bers, La Fièrebrace qa*en solsii tant loer) Ja n'en lessasses pùens nos gens menér^ Né à tel honte batre ne dévorer; Ja ne's soffrisses si près de toi mener (i).

Le même chevalier arrive & Laon pour réclamer le secours de Louis le Débonnaire contre les Sarralans qui assiègent Orange. Il est dans le mdheur ; personne de la cour ne vient le saluer, ni prendre son cheval, ni lui offîir l'hospitalité eJrcepté un bon bourgeois (2) :

Quand ils le virent qu'il ert si denuez^ Onques Jne fu basieS né asoles; Mauvaisemeat fù li cuens salues; lifSs par coninire ta. asseï apelei.

Et d'uBs si d'aatras esohamiz et gàbes...»

Un ftans boijoî^ Qmmu Fel nomer, ' L'enmaine o lui^ si 1^ fet osMer, Et son cheval ri<^emant establer.

A une table l'a fét la nuik Souper.

Guillaume raconte toutes ses afihires au bon bour*

(1) Guillaume cTOrange, page 265. Édition de Jonckbloet. La Haye^ 1854.

(2) La Bataille d'Àleschamps, vers 266) et 9729.

C INTRODUCTION

geois Guimar. Le lendemain , il force le roi à lui venir en aide, il y a une réconciliation, générale et Guillaume est aussi fêté alors qu'il était dédaigné la veille ; mais le <c marquis au visage fier d n'oublie pas ses hôtes de la veille ; il les amène avec lui au banquet dans lequel l'empereur, l'impératrice et toute la cour célèbrent la réconciliation :

As mestras tables^ sist la fior del barnèx.

La fist Guillaume ohe frans homs honorez,

Qui dans Guimar et ses fiz a mandée.

Et sa moiller au gent cors honoré :

De joste lui les assist lez à lez.

lÀ suens ostage fu bien reguerdonez....

Et dit Guimar : « Sire^ meroiz et grez.

Dex me doinst vivre qu'enoor vos serve assez ! »

— « Voir, dit Guillaumes, de moi estes amez. »

Hais il ne faut pas croire que quelqu'un se soit scandalisé de la présence de Guimar à la table impériale. Transportons-nous, en effet, dans la salle où a lieu le repas du noble duc Âymon et voyons qui il y avait convié.

 ung iour solempnel tint cour dévotement Après le saint serviehe de Dieu omnipotent.

Estoient ou palais assis moult noblement Au diner devant lui et ses hommes et sa gent, Chevaliers, escuyers et bourgois molt gramment, Dames et damoiselles assez et largement.

Et bourgoises ossy, clerc et prestre ensement, Chanoines et prélas, et tant maint autre gent : Chascun selon son estât fu assis franchement. De tous mes ont assez, dont ils orent talent, Vinsvieulz et vins blans et dare et piment.... Après diner se lièvent li petits et li grands (1).

(i) AgoUmt, vers 55 à iiO.

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