‹ La chanson de Roland: traduction nouvelle avec une introduction et des notesChapitre 35 sur 63 · A CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

A CHARLEMAGNE

Notre grand roi, l'empereur Charlemagne Sept ans tout pleins en Espagne est resté.

Jusqu'à la mer il conquit le pays.

11 n'est château qui tienne devant lui.

5 Cités ni murs ne restent à forcer^ Hors Saragosse, en haut d'une montagne.

Marsile y règne : il n'adore pas Dieu,

(1) Ces divisions n'existent ni dans les manuscrits ni dans les éditions qui ont été publiées en France et en Allemagne.

Le mot Aoi se trouve à la fin d'un grand nombre de strophes de la Chanson de Roland, Le sens de cette particule n*est pas bien connu : les uns y voient une exclamation guerrière^ tandis que d'autres pensent que c'est une indication musicale & l'usage du jongleur qui chantait ce poëme. .

Sert Mahomet et réclame Apollon (1).

Il ne pourra sj» ^ar^er 4e i|iapxei)r. f oi.

'o Le roi ]!i^Lr«^e éfpât à |a9a^os|9« Il est allé dans mi verger à l'ombre, Sur un perron de m^bre il s'est couché.

Autour de lui sont plus de vingt mille hommes. Il interpelle et ses ducs et ses comtes :

1-^ « Sachez, seigneurs, quel malheur nous encombre : (c Car l'empereur Charles de douce France (2) c< En ce pays nouis est venu confondre.

<( la n'ai d'a?l¥^ée à pouvoir? 1^ CQmbattre, c( Ni gent capajik 4 dîdpeirser la sienne.

xo ik Conseillez-moi comme mes hommes sages : ^ Présenre^^moî de la yx^y^y de l^ M^^- ^

(1) Les musulmans n'adorent pas Mahomet^ maïs le Dieu unique. Les poésies chevaleresqpea cpnlbod^nt cei injjUièk^ arsp }ei p«y»iis de l'antiquité^ et l«ui; i^t^ib^ent un ei^ltç ïi «fppiter e^ 4 ApoUQii. A ces noms^ celui qui s'ajoute le plus souvent^ est celui de Tervagan, dans lequel on a <^erché à reoonnaitM une divinité de l'olympe scandiiuiYç. O^n^ox^set ceip de pfihn^ se ifppsm^Bx^ dfps presque tous les poëmes chevaleresques^, notamment dans Raoui de Cambray, pages 309 et 340; dans Fierabrus, page 16, édit. Krœber et Servois; dans la chevalerie Ogier de Danemarche, page 448 ; à»m Guy de Bmtrgsigne, page A03 ; dans Àgolmt (A«pvemont}, vers 907. r-* Voir au mot Mahomet le glossaire dç M. F. Mi^l^el & la suite de loa édétoi 4e h Chanson de M(m/d^

(2) L'(^itti^te de dptêee est otdiaaisemèiii jc^te an son d« la • Fntnoe, mâaie par iet ^«nmm. — Voir Baoul de Oamhmy,

page 828, la Maimlle ^Àhmkm^, veie SMI, éditioo d» Jo^ekbloet ; Garin le Loherain, page 69 de la traduction de ftt. P. Plùris.

l^ qiÀ^SQ^' E^E HQV4M>«

Pas ^m p^çn qwi ré^oi^4§ i^^ s^iii W^t,

Blancandrin fut des plus sages payens ; 2T Un chevalier de faeaaccmp de courage,

Homme dç bien pour aider son seigMur.

nditauipî : «Mevonf offiragrespas*^

<c OfiN^ à (Sbarle> à Iknigueilleux, au fier

a Loyal aeandce et très-grande amitié.

3o<i Présenteit-'k&i fies oorsi) lions et chieuSy

« Sept cents cliameaaz e^ mille automis mués (2),

(c D'or et d'argent trois eents mul^ chai;gé|.

a II en fera remplir ciaquanta <^Ei^ . c< Bien en pourra payer tous ses soidats.

?r a En ce pays, c'est assea» guercoyer;

« Dans Aix, en Francf , il a'«âDt doit retcoirnœ.

« Yoi^ te siûvres^ au jour de Saini-Mîckdl,

«( Yousi. receye^la kd de càirétienid, .

« Serez son homme en tous biens, tous honneurs. r» tt Vous enverrez des otages, s'il veut,

<i Ou dix ou vingt pour qu'il ait confiance.

« Envoyons-lui les en&nts de qq$ femn^ea.

a Dût-il périr, j'y enverrai le mien l

(i> Vn^ffisMi^ Voir fe BtiMè dkAdeafi/Um^^, y^^ %m ; Gérard (k Yûmn^ page M; \» gloMÛre d^ M. F. Michel.

($} AMs, apr^ la mue. C'est ki moment oi]( )Q»oi8ea,u:| de Q\^9ae ont le plus de valeiu;. Voir 4^bery ^ Mowrgçing, p^ge 4*

a II est bien mieux qu'ils y perdent leurs tètes

Hf <c Que nous perdions et l'honneur et nos biens, « Que nous soyons réduits à mendier ! » AOi.

Il dit encor : « Sire, par ma main droite,

« Et par la barbe à mon sein ventelant (1) !

« Vous allez voir leur troupe se dé£aire ; ^" « Les Franks iront en France, «ur leur terre ;

<c Chacun sera dans son meilleur domaine :

« Charles sera dans Aix, à sa chapelle ;

« A Saint-Michel il fera grande fête.

« Le jour viendra, le terme passera :

s^f a 11 n'entendra de nous mot ni nouvelle.

(c Charles est fier, et son cœur est cruel.

« Il tranchera les tètes des otages;

« Mais il est mieux qu'ils y perdent la tète,

« Que nous perdions notre Espagne la belle, u » (( Que nous ayons des maux et des souffrances.

Chaque payen dit : « C'est peut-être bien ! »

Le roi Marsile a fixé son dessein.

Il appela Clairon de Balaguet,

(1) A mon piz ki ventèle, c'est-à-dire qui flotte au vent devant ma poitrine. On le dit aussi des bannières y notamment dans Garin le Loherain, page 187 de la traduction. II est regrettable que l'on ait laissé vieillir cette expression précise et pittoresque.

Estamarin et son pair Ëudropin, <-r Et Priamus et Garlan le barbu,

Et Machiner et son o^de Maheu,

Et Joymer et Malbien d'Qutre-mer,

Et Blancandrin pour conter ses raisons.

Des plus félons il en appela dix.

-7» (( Seigneurs barons, allez vers Charlemagne*

(( En la cité de Cordoue il réside. ,

(c Branches d'olive en vos mains porterez,

« Signifiant paix et humilité.

a Si par v^tre art vous pouvez m'accorder , •7r« Vous recevrez beaucoup d'or et d'argent,

(( Terres et fiefe, tant que vous en voudrez. »

— « Nous en avons assez, » répondent-ils. aoi.

Le roi Marsile a fixé son dessein.

Il dit aux siens : <c Donc, seigneurs, vous irez,

%• ce Branches d'olive en vos mains porterez « Et vous direz à Charlemagne, ^.u roi « Que, pour Jésus, il ait merci de moi ; .

« Qu'il ne verra ce premier mois passer a Sans que je vienne avec mille des miens ;

*<' a Je recevrai la loi de chrétienté,

« Serai son homnie, et de coeur et de foi « Et s'il en veut, il aiira^ des otages. »

Blancandrin dit : « Yous aurez bon succès. )» agi.

LA CHANSON DE ftÔLANtJ.

Marsile a fait venir dii muleis blafachies, f Que lui donna le rbi dé Sùaiilie ;

Les freins sont d'or, lès seiîés argentées.

Les messagers sont liiontéè i^ Ids mtdeiS,

Us ont en niâitt dfes branches d^olivief .

Ils rejoindront Charlei, le rbi de Praxice.

fv II ne p6uiH* feir* qu'île lié le tt-bth^nt (î). A6t.

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