dit e^çpr ; ^ G^elpp, ftv^wejj
« Et recevez 1# ^tqn at 1^ g^iQl. ,
c( Vous Fentendez, les Français vous choisissent. »
Gane répond : « Roland seul a tout fait !
<i Je haïrai Roland touta Hia via^ n-j" c< Sire Olivier, pqus être son ami,
« Les douze pairs, pajooa qu^iis l\4man|; toét t
« Je les défia kd^ râta^ à vos fauiiî À
(1) Droit comme droiturier signifie à la fais légitime et juste. Cette expression t^è8-gi^rçlçté^^^t^^^ i^es i^^ei ^^ pçiQyfi^ ^, revient fréqu^0^egt dan^ jios poëm^jS^ dap^ H Charrois de Nysmes, vers 188; dans les Quatre FilsAymon, vers 291 et 374, éd.Bekker; dans Girard de Viane, page 103 (Reims, 1850); dans Raoul de Cambray, page S4f ; dans Agoi(mt,V9r9 MO, 808 et 1046, etc., etc.
Le roi lui dît : a Vous aVê» trop de haine ^ « Or, YOUB irez, puisque je le ôommailde* n li^ — a J'y peux aller^ mais n'aurai de garants : aoi; « Basan n'en eut, ni son frère Basile (1) I »
to
Le roi lui tend le gant de sa main droite ;
Mais Ganelon voudrait n'être pas 1&.
Il va le prendre et le gant tombe à ttrre«
Les Franks de dire s a Dieu I qu'est ce présage?
« De cet envoi nous viendra grande perte« n
-^ « Ycms en satiret^ dit Gane^ des nouvelleSi d
Il dit au roi : « Donnez-moi le congé.
« S'il faut aUer, je n'ai plus & tarder. »
Le roi lui dit ; « Pour Jésus et pour moi t »
II le bénit, l'absout dé sa m^in droite^
Et lui remet le b&ton et la lettre.
Le comte Gane à son hôtel retourne :
* D'équipements se met à s'oeenperf :w5 Prend le meilleur ^*fl a ptl «sfapottv^ (2),
Fixe à ses pieds des éperons d'or pur,
A son côté ceint Murglès, son ép^e,
Sur Tachebruni son destrier, il monta.
(1) Gompnm oé qtn Ént W9^ 1« récit de IMmhmiBsJë ée Qmob au près de Balan dans Fiera^rtu, pages 164 à 167.
(2) Oérord ée Bamikm, page 319. Miohel.
C'est Guinemer qui lui tint l'étrier.
i s t> Vous eussiez vu maint chevalier pleurer»
Ils disent tous : a Quel dommage pour vous !
<( Vous avez tant hanté la cour du roi !
(c Noble guerrier Ton vous y proclamait.
<( Celui qui vous désigna pour aller, 5v> « Même le roi ne pourra le défendre.
(( Le preux Roland n'eût dû penser à vous :
(( Vous êtes né de si grande famille, d
« Emmenez-nous, sire, » lui disent-ils.
Gane répond : a Ne plaise au Seigneur Dieu !
t,ico « Mieux mourir seul qu'avec taût de bons preux !
<( Vous en irez, seigneurs, en douce France.
« Vous saluerez ma femme de ma part
c( Et Pinabel, mon pair et mon ami,
(( Baudoin, mon fils, que vous connaissez bien. ^^^ ik Aidez à lui, tenez-le pour seigneur ! »
Ganelon part et s'est acheminé, aoi.
U chevauchait : sous un haut olivier (1) Sont réimis les messagers payens.
(1) Les trouvères placent Tolivier sous toutes les zones. Ainsi :
Li baron vinrent à la corC à Paris, A pié descendent par de soz les olid.
{fiaoul de Cambray, p. 34.)
Voir aussi la page 264. Il y avait un olivier à Laon.
Devant la sale avoit un olivier.
(la Bataille <fAlesckamps, vers 2549.)
C'est Blancandrin qui, pour lui, s'attardait. 370 L'un parle à l'autre avec grande finesse. '
Blancandrin dit : « Merveilleux homme est Charles !
« Il prit la Fouille et toute la Calabre,
« Passa la mer (1], entra dans l'Angleterre,
a Dont il conquit le tribut à saint Pierre (2), 31 f a Que nous vient-il chercher sur notre terre?
Gane répond : <t Si grand est son courage !
u Homme jamais ne vaudra contre lui. » aoi.
Blancandrin dit : « Les Français sont très-braves ;
tt Mais bien grand mal font ces ducs et ces comtes, if. « A leur seigneur qui donnent tels conseils ;
« Ils ruineront les autres et lui-même. »
Gane répond : « Je n'en connais pas d'autre,
ce Hormis Roland ; mais il en aura honte.
<c Charles un jour (3) à l'ombre était assis ^7r «c En la prairie, auprès de Carcassonne.
c( Son neveu vient, vêtu de sa cuirasse ;
c( Il tient en main une pomme vermeille.
« ^» Tenez, beau sire, a dit Roland à Charles^
(1) Le texte dit : « la mer salse^ » salée.
(2) La conquête :à saint Pierre du tribut de l'Angleterre est rappelée par une inscriptiDn dans une salle du Vatieian. Voir aussi le glossaire de F. Michel:
(3) Le texte dit f ifr main, c'est*à-dire hier matin. Gharlemagoe ne pouvait se trouver la* Teille à Carcassonne^ au mord des Pyrénées.
22 h\ CHANSON DR HOLt^ND.
c< De tous k^ rais 3'offî^ à VQus les çottT^llilfsil t s^o « Son graiid wgoeU ï^ dôvygkit biœ wnfoildre, (€ Ca? olm^a jow î} s'expose & la moi*!.
<( Roland occis^ nimi sm¥>W twt 1» pals^ ) 9 AOi«
Blancandnp dit : a lioland est très^cFoeli « Qui veut dowptei^ toutes 1«» Mti^ilSi 3fr « Et dii^iiter 4^^. twte» Içiei te?i?es^
(( Par quelle gent croit-il exploiter tant ? » Gane répond : <( Par la gent des Français.
« IlsrdÂiQent^i^iqut'iliaeli^|8^i4i?96l^9^ « I) l^m; a ^apt â,wm dW el d'atgen]^ V <m « Mulets, oheivi^usc, ammfm e\ soiem^ ; « Même le roi fait t^iit jt sob fHfirîcKd.
Chevauchentl^Biet Gwe 0t Bt^e^iodiNi»
Que l'un à Tau^ îj^ e]»gaSj&iii Jeu? M :
lor Ils ehercherçfi ^qâ> Rolaiod. ^oMroeeîSk
ChevaitfitiefiA twi, fêxvw «t p«^. ^Hm&^Vk^ Qu'à Saragosse ils viennent sous un if.
(i) Wiei^qfâé». QiHeÉà 9sk «be teirfioft tauttîèié> ^ p«ot«rbiale qui eiP90ilé iiépmf}^ etla paéeoeufstibB dèp owiijaifca. On Itt-fiM trouve dans frtM)n de Bordeaux, page 171; dwà Maoùl é» CmnètHÊ^y
Ge T^]»4t|d)9«w iWMlftéittKiftteàite. Uait eu reseentoe fuBhpiftii* de cette mesure dans les poëmes décasyllabiques.
Sur un falÉraiif mk à l'edilbf é A'mt pi», Enveloppé d'^oersoie égy|>ti0imè^ V o Était le xy»^ ttciik tootë rEipagne.
Autour de lui sont vingt mUle payens.
Il n'est aucun qui dise ou souffle mot ; Tant ils voudraieitl hpj^màté léajQovrriles ! Ils voient venip 6«iie9 et Bl«ieaii«l#iil. .
COMMENT OATf# ÈfiJifÈ tt' *ftf !*titeSitfe.
Vo Blancandrin vieAt dè^^éiift le^ M MhÉ?'^ Et par le pomg? it éâmi 1# cflftôt^ GéRK^ (f) f (( Soyez sauvé, dit-il, J(»rAfi6ïtotf « Et Mahomet^ août fi6Wgigtf4èi«5^IeiM§l « Nous avons Mi^ofr^^ iafissê^ à ^flrétâéil.
-y^o « Il éleva ses deux mains en amont, « Loua son Dieu, ne fit autre réponse, a II vous envoie im tà«& iMibto ïmêùiÉ ;
(1) Gérard de Rossilloit reçoit de même l'envoyé dé rorGHafiiea: Guérart dréça en piez, quant Perron vit, E prist le pi^ iô poing, feiz séî ràsist...
^ "io
a II est de France ; il est homme puissant.
a Sachez par lui si c'est la paix ou non. )>
— <c Qu'il parle donc, dit Marsile, on l'écoute. » aoi.
Le comte Gane aitait bien réfléchi ; Avec grand art il commence à parler, Comme celui qui le sait faire bien.
Il dit au roi : « Soyez sauvé de Dieu, a Le glorieux , que l'on doit adorer !
a Charles le brave à vous mande ceci :
a Si recevez la sainte loi chrétienne, « Aurez en fief la moitié de l'Espagne ; ce Si ne voulez accepter cet accord, ^i i <c Vous serez pris de force, mis aux chaînes, c( Au siège d'Aix vous serez amené.
« Par jugement là-bas vous finirez; « Vous y mourrez en honte et vilenie* >> Le roi Marsile en fut exaspéré.
Il tient en main un dard empenné d'or ; Veut l'en frapper; mais dn Fa retenu, aoi.
Le roi Marsile a changé de couleur.
Et de son dard la hampe en a tremblé.
Gane le voit, met la main à l'épée, Et de deux doigts la tire du fourreau; Puis il lui dit : «( Vous êtes belle et claire;
c( Devant ce roi, tant que je vous tiendrai, « ^otre empereur Charles ne dira pas « Que je meurs seul au pays étranger.
Via cc^Les plus hardis vous auront bien payée ! » Les Sarrazins : ce Empêchons la mêlée ! i>
Les chefe payens ont tant prié le roi.
Qu'en son fauteuil MarsUe s'est assis.
Son oncle dit : «c Vous avez mal agi,
"^^r a Quand vous cherchiez à frapper le Français : a Vous le deviez écouter et l'ouïr. »
Gane lui dit : a Je peux bien l'oublier, « Mais ne voudrais, pour tout l'or que Dieu fit, a Et tous les biens qui sont en ce pays,
^ *"* <c Si le loisir m'en reste, ne pas dire
<c Ce que, par moi, Charles le roi puissant €( Vous mande, à vous, son mortel ennemi. »
Gane portait un grand manteau de martres Et recouvert d'une soie égyptienne,
v<^i^ Il l'a jeté, Blancandriu le reçoit ; Mais^ son épée, il ne veut la lâcher :
De sa main droite il tient la garde d'or.
Payens disaient : a C'est un noble baron ! d 'aoi.
Auprès du roi Gane s'est avancé ; -> Puis il lui dit : ce A tort vous vous fâchez.
36 LA QHANSON m^ ROLAND.
« Quand Vem^fewt de tfmcè ifêvé fâtt difê « De recevoir fal BêitAe toi ebf étiéliit## « Vous gardel^^ la moitié de VËÊpAgùë ^ <( Il dpnûef» l'autre pazt à Rolftiîct^
Hif^ « Quel partenaire os'j^lQe» ité^^ atifial l « Si ne voulez accepter cet accord, <( A Saragosse il va vous assiéger ; « Vous serez pris do force et tcàs a«x dbabieau a Puis vous ser^ eoildfiit diEss Alty an Fraiiea.
^^^ « Vous n'y aures pàkfroi ni molet^ (( Ni datiner p^oir ciMFvailcher dfisA^ <( Serez jeté sur un mau^9«ï&iiàier(i)^ a Par jugenxffl&t^ voos y perdscs là iète^.
« Not]^ amper^us vote é(»il eetté kttae^ >> Y^^ 11 Ta remise «1 la mai» èft payfo.
Yll
ir ^ »
COMMENT MA^tt.E DEOBERE AVEC GANE.
Mar^Ela'étariifoirt pâle à& éolë^e.
Il rompt le sceau, dont il jette la cire,
(1) Le chevalier monte è/U baiftciU^eià. I& pwsàle' ivi 4est(ier> en route un palefroi ou un mulet. La bète de charge s'appelle roussin, sommier ou binfet.
Voit les raisons écrites dans la lettre :
« Charles m'écrit, qui tient la douce France, "it • a En rappelant Ift j^iiici et la colèi« c( Qu'il rvMentit pour Basan et Basitoy
(( Dont j'«i éoupé }a tèl9 «d i&OBt d'HaUttof.
« Si, de mon corps, je veoi Mmirafr la¥ki,
« Faut emroyttP iBân oadm^ le edlile^ ^/r « Sinon, Jamids Cbfttles ne m'ùm^srik ^a
Alors le fils de MarsQo paiift;
n dît ati Mi » «t GttlQ a dît dotiidiâl I
« Il a tant fait qu'il n'a plus droit de vivre.
« Livrez-le moi, j'en ferai bien justice. »
^«0 Gane l'entend;. ttbMQibtaoii épâd.
Et sur le tro^ du pîn "«% «'npf^yeir*
Dans le vefgeir »' en? «atutté te it>i^ Et les meilleim d;e«k pay(»i9 èt^ bÀ« C'est Blancandrin^ i^l^ t^ ^imm/}
^'0^- Jurfalet, fils <t Vlhâriti^ du roi } Son oncle amiaiy le SâèW ^lUi.
Blancandrtu tô : «f Appdto 1# FNidQttis; « De nous servînr il tt^'^nf i^ea aa foi. w Le roi lui dit ; « VoïKkwtaïQ^i Mi^Wi-k# )»
s-'o II a pris Gane,au deigipw la^iiM^ àNiîto^ Dans le vergei l'a mené jusqu'anaf toi.
On pourparla^ l'iajpii^ tiMteK^i-. 40i«
« Beau sire Gane, a dit le roi Marsile,
« Je vous ai fait tout à l'heure une offense (1)
ik Quand j'ai voulu vous frapper par colère :
a Je la répare avec ces zibelines,
ik Qui valent plus de cinq cents livres d'or.
a Avant demain, j'en paierai beUe amende. »
Gane répond : a Je ne refuse pas ;
« Qu'il plaise à Dieu vous bien récompenser ! » aoi.
Le roi lui dit : a Gane, sachez-le bien,
<c J'ai le désir de vous aimer beaucoup.
« Je veux ouïr parler de Charlemagne.
« 11 est bien vieux ! Il a fini son temps !
"^'^ « Il a, je sais, bien deux cc^ts ans passés.
« Par tant de lieux il démena son corps !
«t n a reçu tant de coups sur l'écu !
« Il a conduit tant de rois à l'aumône !
« Quand sera-t-U las de £Bdre la guerre ? »
'^^ « Gane répond : c< Non, Charles n'est pas tel ;
« Nul ne le voit, et n'a pu le connaître,
« Qui ne dira que l'empereur est noble.
« Je ne saurais le louer et vanter
« Autant qu'il a d'honneur et de bonté.
s-^s « Et sa valeur, qui pourrait la conter ?
(1) Jo vos ai fait aîques de legerie.
(c Dieu fit briller en lui tant de noblesse !
(K Mieux vaut mourir que quitter son service ! »
Le payen dit : « Je suis émerveillé
a Que l'empereur soit si vieux et chenu !
.>' a Je sais qu'il a bien deux cente ans et plusl (( Par tant de lieux son corps a travaillé « Et tant reçu coups de lance et d'épieu !
i( Il a conduit tant de rois à l'aumône !
a Quand séra-t-il las de faire la guerre? »
s vt- — « Tant que Roland vivra, jamais ! dit Gane. <c II n'a d'égal sous la cape du ciel.
c( Son compagnon Olivier est si brave [ a Les douze pairs, que Charles chérit tant, a Font l'avant-garde avec vingt mille preux.
is-o a Charle est tranquille; il ne ci*aint aucun homme!»
Le payen dit : <c C'est vraiment merveilleux c( Que l'empereur soit si blanc et chenu ! .
<c Je sais qu'il a bien plus de deux cents ans ! a II est allé conquérant tant de terres, ^5^^ <c A tant reçu de coups d'épieux tranchants ! <( Il a déJEait et tué tant de rois 1 <c Quand sera-t-il las de flaire la guerre? i> — « Tant que Roland vivra, jamais! dit Gane.
c< n n'a d'égal jusques en Orient !
80 LA CHAK90N Dl ROLAND.
^(''^ « Son compagnon Olivier est si brave I c( Les cbuae pairs, que Charles aime tant, « Font l'ayant-garde avec vingt mille Franks. « Charle est tranquille, homme vivant ne craint. »
AOI.
— « Beau sire Gane, a dit le roi Marsile, « J'ai telle gant, plus belle n'en verrat.
c( Je puis avoir quatre eent mille preia, c( Pour attaquer Charles et les Français ! o Ganè répond : a Ne vous y fiex pas.
c( De VOS payons vous auries grande perte.
^70 <i Pas de folie, et tenex-vons auiî rases« « A l'emperenr donnes tant de richesses « Que les Français en soient émerveillés.
a £nvoyez4ui vingt otages aussi*
a Bu dûUQfi France il s'en retournera*
^7^ i{ Il laissera bien loin Tarrière-garde ; « Le preux Roland y sera, je l'espère,
a Puis Qliivter> 1$ brave, le oet^tola* « Tous det» sont morts, si l'on veut bien me croire. « Chartes v«m s<m grand orgueil tormber.
^^0 a II n'aura plus désir de vous cGSobaitre* » aoi.
— « Beau sire Oaitô, ainsi IHeu vetis bénisse! c( Par qtiel moyen pui^«je occire Rolatid ? ^ Gane répond : « le vais desie vous le dire :
lA GHÀMSOM DB ROLAND. SI
c( Le roi sera dans Ifis gxmids àJéSié»; ^i-i « L'arriiè^*>garde au loin sei^a restée ;
(( Roland le fier y sera, son neveu,
(( Puis Olivier, en qui tant il se fie ;
« Vingt mille Franks ils auront dans leur troupe.
« De vos payens envoyez-leur cent mille, w « Qui tout d'abord leur livreront bataille.
« Les Franks seront ft&ibUa et blessés.
« 11 y aura grand martyre des vôtres,
(c Livrez aux Franks ime aec<mdo atta^^oo ;
« Dans Tune oi; l'autre, il fout que Roland rcite I ^r^ a Vous aurez fiâtune belle bataille,
« Et n'aurez plus df guerre m votre vie. AOI.
« S'il se pouvait que Roland y fût mort, « Charles perdrait le bras droit, de son corps ; a Sa merveilleuse tiioupe y resterait.
^0» « Il ne pourrait réunir telle forée.
<i Terre-major (1) resterait en repos. »
Quand il Peniend, le roi le baise au oou.
Puis il a fs^t affiovter ses trésors. ÂOt.
Le roi répond (que diraient^ils de plue? ) :
^•y <( Bon œoiaeiUer œlui demi on i^'aâsure.
(1) Terre major, garnie y prisée et louée, désignent la France.
Et quant ^e vin de France la iQéé. (J^o/aMj vers 19%) L'on dit aussi la grant région. Voir ^urise la Jl>U€hesse^ pa^ 10.
ac
« Donc, s'il y est, jurez-moi de trahir ! »
Gane répond : «c Qu'il soit comme il vous plait. » Sur la relique en son épée enclose, n a juré : la trahison est faite I aoi.
11 y avait un fietuteuil en ivoire.
Le roi Marsile y tait porter un livre
Qui renfermait la loi de Mahomet (1),
Ceci jura le Sarrazin d'Espagne, !
S'il peut trouver à l'arrière Roland,
De le combattre avec toute sa troupe
Et, s'il le peut, de le faire mourir.
Gane répond : a Votre ordre s'accomplisse ! )» aoi.
Alors s'avance un payen, Yaldahrun.
11 éleva le roi Marsilion.
Clair et riant : a Vous voyez mon épée, a Dit-il au Frank, nul n'en a de meilleiœe ; « La garde vaut plus de mille mangons (2).
«c Par amitié, sire, je vous la donne :
€c Contre Roland le baron aidez-nous, a Que nous puissions le trouver à l'arrière. » — Qc Ce sera fait, » répond le comte Gane.
Puis à la joue, au menton ils se baisent.
(1) Le texte dit : La lei i fut Mahum e Tervagant
(2) Mangons^ pièce de monnaie.
Arrive après le payen Climorin.
Clair et riant, il dit à Ganelon :
^^o a Prenez mon casque ; on n'en vit de meiUeur ! <c Contre Roland le marquis, aidezs-nous, ^ Que nous puissions sûrement le honnir. »
— « Ce sera &it, » lui répond Ganelon.
Puis à la bouche, à la joue ils se baisent. AOi.
£rV»
^ ^ ^Arrive alors la reine Bramimonde.
Elle lui dit : a Je vous aime beaucoup, a Car mon seigneur et tous ses gens vous prisent. <c Deux bracelets j'envoie à votre femme î « Ik ont tant d'or, de grenafe, d'améfhystes, <t Qu'ils valent plus que tout l'avoir de Rome (1). <c Votre empereur n'en eut jamais de tels. »
Gane les prend et les place en sa botte, aoi.
(i) Le trouvère dit ici Tavoir de Rome comme plus bas i'or de Galice. Ces noms viennent pour l'assonance. Dans le seul poëme de Raoul de Cambray, j'ai noté l'or ou le. flef de Tudèie^ Avalon, Montpellier, Bandas (Bagdad), Damas, Rains, Âquilance, Âbbeville, Paris, Millau. Il y a Saint-Omer dans ta Bataille if Aieschamps, Bénévent dans Garin le Lohérain, Montpellier dans la Chanson cPAntioche, etc. On lit dans Gérard de Rossillon, page 319:
Por autretan d'or cuit, por tant mangon.
Gomme l'en porreit mètre en cest doi^on.
Le roi demande au trésorier Mauduit :
<i Les dons pour Charle çivez-vous préparés ? »
Le trésorier répond : « Oui, sire, bien :
(( Sept cents chameaux chargés d'or et d'argent,
« Et vingt enfants, les plus nobles otages. » aoi.
*5-ft