‹ La chanson de Roland: traduction nouvelle avec une introduction et des notesChapitre 42 sur 63 · COMMENT GANE FAIT DESIGNER ROLAND POUR · texte numérisé non relu

COMMENT GANE FAIT DESIGNER ROLAND POUR

eoMMftjfDtR L'ftkmis^-'ëAMtt.

La nuit s'en va, l'àuBë claire appâràU.

Notre emperfetit cneVâucnè fiêreihêni,

• ■ la

%^o Sur son armée il Regarde souvent.

« Seigneurs baroné, â dit l'èmpërèur Cnarlés, « Voici les ports *ét les étrbife piaissàges :

(1) MM. Michel et Génin lisent un verrat au lieu d'un ours. J'ai préféré la leçon dés Allemands, MM. Mûller et Hertz. M. Génin explique ainsi ce second songe. L'ours est Gane, le léopard Baligant, et le lévrier Thierry. Le bras droit de l'Mn[)er6W ^t Roland, et Pinabel serait représenté comme l'oreille droite de Gane. Ce qui. i'éntt cette bx^libatibn assez plausible, c'est qiié Roland est appelé le brai droit de Cherriez ici et date Ta Ouhkson des Saxons, dont plusieurs passages sont évidemment inspirés par la Chanson de Holànd, notaihînënt aux strophes 255 à 265.

LÀ CttÀNSON DEROLÀNb. 39

« NomitiéS ijtiièiqii^tifi pôxir i*eâièr à l'aiifiSrë- w

Ganô répbiii \ t C'eêt Rolâiid, iiioii ftlâttè (1) : îvr« N'avez baron d'un aussi grand courage. ^)

Le roi l'entend, fièrement le regarde.

Puis il lui dît : « %us êtes un vrai diable (2) !

<( Mortelle rkge au corps vous est entrée :

« Et qui fera devant moi l'avant-^ardet »

^*~'» Gane répond : « Ogier de Danemark :

c( N'avez baron qui mieux que lui la fasse. »

Le preux RôliAnd entend qu'on le désigné ; AÔt. Il a parlé comriié un vtài chëvàîièi* :

« Je vous ddîs îbièn aimer, sire pârâtre :

'^^^ ik Vous m'avez fait désîghèr pour l'arrière. « Charles, le roi dé Fràîice, h^ |>èrdrà, c< Je le promets, palefroi ni iniilët, « Ni destrier qiii puisse chevaiicneif ; • c< 11 n'y perdra iiî roùssiri ni sonimiër

f <» « Qui n'aient été vendus cher à l'épée. »

Gânê rëjiond : << C^ésl vrai, Je le Sais lîiëii. >> iôi.

Quand Roland sait (]u'à l'arrière il seï^a^ Avec colère il pàï*lé â Siôil f àrâtrô :

« Âhi ! pervers, de mauvaise nature,

(1) Beau-flls, c'est le mot correspondant imûr^ré et kpard^ré.

(2) Ge est un vis diafilës. (Fterd^rà^^ page iSO ]

f ^^' ce Tu croyais donc que le gant me cherrait, c< Comme te fit le b&ton devant Charles ! » aoi.

« Droit empereur, dit Roland le baron,

« Donnez-moi l'arc que vous tenez au poing :

« Ils ne pourront, certes, me reprocher

f 7 c( De le laisser tomber, conmie fit Gane, « Quand il reçut le bâton dans sa main. )> De l'empereur le front se rembrunit.

Il tient sa barbe et détord sa moustache.

Il ne peut pas s'empêcher de pleurer (1).

<7s- Après Roland le duc Nayme est venu ; Il n'y a pas plus brave homme à la cour.

Il dit au roi : a Vous l'avez entendu !

<c Le preux Roland, il est fort irrité !

(( L'arrière-garde est assignée à lui ;

P"" a N'avez baron qui la conduirait mieux (2). (( Donnez-lui l'arc que vous avez tendu ,

(1) Dans Fieràbras, page 10^ Gharlemagne manifeste ainsi sa colère de ce que Ganelon a fait désigner pour un combat dangereux Olivier^ déjà blessé :

Se il est mors ne prins^ je te di en verté^ Ne te racateroit tous Tors d'une chité^ Ke ne te faice pendre ou ardoir en un ré, Et trestout ti parent seront désireté.

(2) F. Michel et Mûller lisent :

N'avez baron ki jamais là remut.

J'ai suivi la leçon de Génin :.

N'avez baron qui ja miex la remut.

c< Et trouvez-lui des gens qui l-aident bien. » Le roi le donne, et Roland l'a reçu.

Notre empereur s'adresse à son neveu :

f*i « Mon beau neveu, sachez bien qu'avec vous

« Je veux laisser la moitié de l'armée ;

« Retenez-la, car c'est votre salut ! »

Roland lui dit : « Non, je n'en ferai rien.

« Si je démens mon sang (1), Dieu me confonde ! f 1 o « Je retiendrai vingt mille Français braves ;

« Passez les monts en toute sûreté,

a De mon vivant, ne craignez aucun homme, n kOh

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