COMMENT CHARLEMAONE PASSE LES PYRENEES AVEC LE GROS DE SON ARMEE
Le preux Roland monte son destrier.
Avec lui vient Olivier son ami ; f f 5- Gérin y vient, et le brave Gérer,
(0 Le texte dit : Se la geste en desmeut. Ce mot est le plus souvent employé dans le sens de famille; il signifie aussi faits, actions, comme le latin gesta.
Bérangët Viekt, et iè jJrëui Jbssê aiiààl, Jastor y vient, et le Vieil AiséiS, Le fier Gérard de RossiUon y vient (1), Y est venu le puissant duc Gaifer.
!•* Turpin ayiit : « j?ar ma lète, j'irai! »
— c( Et inoi de înèine, a dit le preux tiautier ; « Je suis son homme et ne lui dois faillir. » Se sont choisis vin^ mille ckevaliers. âol
Le preui koiand dit à trautier de Luz :
«•î- c( De nos Français de France prenez mille
c< Pour occuper les hauteiLbs et les gorges ;
c( Que l'empereur n'y perde aucun des siens. » aoi.
Gautier répond ; « Pour vous je dois bien faire. »
Puis il a pris miUe Français de France.
1 1 o Gautier parcourt les hauteurs et les gorges.
Quoi qu'il apprenne, il n'en descendra pas.
Avant ilulls soient distants de sept cents iMWBe8(2) ,
Âlmaris , roi du pays de Belfenie4
Leur livrera le jour un dur combat.
(1] La présence de Gérard de RefcwUoii & Rdbcêvaox) et sa
mort racontée p^us bas, ne concordeDt pas avec les poëmes français «t provençaux consacrés à ce célèbre cHevalier.
(2) Voici le texte de ce paS6age| dobt tè sens est tXiXsi Qillfôiié à préciser^ et que j*ai traduit très-librement :
N'en descendrat pur malvaises nuvelles. G) Enceis qu*en seient VÏI. G. espées traites^ (.) Ileis Almaris del règne de Beïferne Une bataille lur liverat le jur pesme.
LÀ CHANSON DE i¥3LÀND. 43
<3iy Hauts sont lès pics, lés vallons ténôBrèùx,
Les rochers gris, les défilés sinistres.
Dans la douleur les Franks passent ce jour.
On entendait leur bruit de quiîize lieues ;
Ils approchaient de là 'fetre-ihajor, f Ao Voient la Gascogne, iihe lerré française,
Il leur souvient de neË et ae domàlfies,
De fiancée ou â iihe iioblé époiisè ;
11 n'en est paS qiii de plUë ne pleuré.
Mais l'emperelir Cnàrîés est plëîn à'àhgoîsse, <i;iy Aux défilés il iaîssè sbîi hèvëii.
Pitié l'en prend, hé peut ne pas pleurer, aoi.
Les douze pairs sdhi restés éh Espagne,
Vingt mille Frahts sont en leut compagnie.
Ils n'ont soilci tii crainte de la mort.
«i » Notre empereur retourne vers la France,
Sous son manteau caché sa contenance.
Auprès dé lui ctiëvâucne le duc Nayme.
Il dit au roi : « Pourquoi cette tristesse? »
Charles répond : « Le demander m'offense ; ^^5" « J'ai si grand deuil, ne puis ne pas gémir :
« Par Ganelon France sera détruite.
« La nuit en Sbnge un aiige inié fil Voir
« Qu'entre mes mains Gane brisait ma lance.
« Il fit choisir pour l'anière Roland ; 9** «► « Je l'ai laissé sur la terre étrangère,
« Si je le perds, je n'aurai son pareil. » aoi.
Charles le Grand ne peut ne pas pleurer.
Cent mille Franks pour lui s'attendrissaient Et pour Roland ont merveilleuse peur.
srVT Le félon Gane a fait marché de lui.
Du roi payen il en eut de grands dons, D'or et d'argent, de robes, de soieries, Mulets, chevaux et chameaux et lions.
Marsile mande et les barons d'Espagne^ ^To Et les émirs, les comtes et les ducs.
Les amiraux et les fils de ses comtes.
Quatre cent mille il rassemble en trois jours, Et ses tambours fait battre à Saragosse ; Met Mahomet sur la plus haute tour.
^^s- Il n'est payen qui ne prie et l'adore (1) ; Les Sarrazins chevauchent à l'envi Par les vallons et les monts de Cerdagne. .
De ceux de France ils voient }es gonfalons, L'arrière-garde où sont les douze pairs :
^<' ^ De l'attaquer ils ne manqueront pas.
(1) C'est-Vdire l'image de Mahomet. De même dans Agolant, au vers 643 :
Ghacus le voit aorer et prier.
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COMMENT DOUZE CHEFS PAYENS s'ENGAGENT