BALIGANT DIVISE SON AKMÉE EN TRENTE BATAILLONS
L'émir payen di^qptucbe pa? s^i caapp ;
Son fils le suit , dont le eopp§ est très-'gvand,
Avec leç ^séks fialaport et Torleu^
Us forment \Ai \j^lsaip grands bataillons (1)
(Chevaliers sont en noÉobre merveilleux) ;
Le plus petit en avait quinze mille.
Le premier est des gens de Butentrot (2),
Et le second est des gens à^ Myeèna ,
Grosse est leur tête, et, le long de Téchine,
Comme des porcs , ils sont couverts de soies. A€i.
Et le troisi^ne est des g^ns de Nubie.
Le quatrième est de TEsclavonie (3),
(f) "Çiifm lit P^SQU ^ Fier^brof, }»9 Çhiét^j^^ fit le^ Sann^ins
g) Ipi jeoccff^^ je »e cherche i^ & cionp^ rj^uptics^ioi) dle^ noms djQ Ha^yi- yoip la a<^ 4e la page 5i.
(3) l^ i&Ki^ M J^sdavQz et plus bas Eschvers, Les Esclavons reviennent souvent dans les poëmes du zooyen &ge^ nûtaiTUueat dans Agolant, vers 9Q1 et 1063; dans la Chœmm d'Antiocke, page
164 hK CHANSON DE ROLAND.
Et le cinquième est de ceux de Syrie , Et le sixième est des gens d'Arménie , Et le suivant des gens de Jéricho , L'autre de Noirs, le nenvième de Gros , Et le dixième est de la Balidie :
C'est une gent qui ne veut pas le bien. aoi.
L'émir payen jure tant qu'il le peut Sur les vertus et le corps de Mahom :
« Charles de France avance comme un fou :
« Bataille aura ; s'il ne s'en départ pas, a Plus.il n'aura couronne d'or en tète, ir .
On établit encor dix bataillons.
Est le premier formé de Canelieux (1) ; Qs sont venus en traversant Yalfuit.
L'autre est de Turcs, le troisième de Perses , Le quatrième est des gens dePincenne, Le cinquième est d'Avares, de Solterres ,
52 de la traduction ; dans les Enfances Guillaume, page 20, et vers 855; dans Garin le Lohérain, page 9 de la traduction de Paulin Paris; dans Gauflrey, page 18; dans Raoul de Cambray, page 264; dans Gérard de Rossillon, page 295, édition de F. Michel, etc., etc. Charlemagne, dans sa lutte contre letf' Avares, avait été en contact avec les Slaves, qui étaient aussi mêlés aux invasions. Voir ÏHistoire (fÀttila, par Âmédée Thierry, tome II, et Foulque de Candie, page xu.
(i) Voir sur ce mot la note de Génin, page 439.
Et le siidème est d'Onnuz et d'Eugier ; Le septième est de la gent Samuel , L'autre de Brousse, et l'autre d'Esclavons, Et le dixième est d'.Occiant la déserte :
C'est une gent qui n'adore pas Dieu ; De plus félons on n'entend pas parler.
Ils ont le cuir aussi dur que du fer, Et n'ont souci de casques, de hauberts.
À la bataille ils sont violents et traîtres. Aoi.
L'émir compose encor dix bataillons :
Le premier est des Jaiants (1) de Malperse; L'autre de Huns, le troisième de Hongres ; Le quatrième est de Balde la longue.
Et le cinquième est du val de Peneuse ; Le sixième est de Marise et Maruse, Et le septième est des leudes d' Astrime ; Deux autres sont d' ArgoUe et de Oarbonne ; Le dixième est des Barbus de Yalfonde :
C'est une gent qui jamais n'aima Dieu.
La geste franque y compte trente corps.
Grands et nombreux, où les trompettes sonnent. Comme des preux chevauchent les payens. aoi.
(i) Génln traduit : géants.
166 lak CHANSOK DE tlOLAND.
COMAfENT LES DEUX AKMËES ARKIVENT EN PBESEfïCE.
L'émir était faotnme riche et p^dwant.
Il &it porter devant lui son dragon,
Les étendards Tervagant, Mahomet,
Et le portrait d'ApôUon, le îékQUi
Des CanelieuK dtevaucheitt alehtedr (1);
A haute voix, ils briaieni ce sermon :
a Qui, par nos dieux, veut àn^ir gtupantie^
« Les prie et terve aveé huimUté! )»
Et les payens abaissaient leufs nleiitc^s;
Ils inclinaiefit letrl^ éoÊ^fÊm reltdSMitSi
Les Franks disaient : « Bientèt inourrea, ^loutiNMi !
a Soit aujourd'hui vX)tte eeôfufiion !
« Vous, notre Dieu^ pi*dtégëE (Sisriemagnei
c( Que la bataifie en son nom soit gagnée! » a^i.
L'émir était de très-grande sagesse.
11 appela son fils et les deux rois :
(1) Dans la note rappelée à la page 164, Génin dit qu'il s'agit non d'un peuple, mais d'ecclésiastiques portant des flambeaux.
LA CHANSON DE ROLAND. iB^
c( Seigneurs barons, chevauchez en avant,
a Vous guiderez mes trente bataillons.
« Mais des meillettils, j'en veux ttôtetiii* trdis :
a L'un est des Turcs, Taiitr^ des gens d'Ot^muz,
c( Et le troisième est de éeux de Malperse.
c( Ceux d'Occiatit maJ^cfaét^tit avec moi
m Pour attaquer Chartes et les Finançais.
« Leur empereur, s'il cottibiBit àvêb moi,
« Il laissera loin du buste sa tète;
<c 11 est certain qu'il n'aura d'autiie Wrt (1). » Aoi.
Nombreuses sont et belles leb ardiées.
Tertre ni mont, ni val ne les sépal^ent; Bois ni forêt, aucun réduit entre eUies.
Ils se voieht hma en terre déeonvwtew Baligant dit : ik Âllea^ ma g^it payeÈide I « Or, chevauehe ^our dàet^ebei" lA bataille I d L'enseigne porte Ambdirë d'OitifiBnie.
Payens cxi^Biai^ ils diflaîent : «Préeleosei » Et les Français : « Aajouid'kui votre peMe I » A haute voix ils répétaieiit c « MimJDyê ! )i Notre empereur UO, soanej^ ses dainms ; Cor de RdLand sur tous se fait entendre !
Payens disaient : ce La géià de Chérie est belle ! « Bataille autons difficile et ertteikl » ajou
(1) Âltre dreit^ c^esi-à-dire autre jugement^ résultat, issue.
Grande est la plaine et large la contrée.
On voit briller les casques d'or gemmés, Et ces écus, ces cuirasses frangées, Et ces épieux, ces enseignes flottantes.
Sonnent les cors, les voix en sont très-daires. Cor de Roland sur tous se ixA entendre.
L'émir payen appelle à lui son frère :
C'est Canabeux, le roi de Florédée; Il est seigneur jusqu'au val Sévérée, n lui fedt voir les bataillons de Charles :
a Voyez l'orgueil de France la louée !
c( Très-'fièrement chevauche l'empereur.
€( Il est derrière avec ces gens barbus; « Sur leur cuirasse ils ont sorti leur baiiie, « Blanche à l'égal de la neige glacée.
€( Ils frapperont et de lance et d'épée :
« Bataille aurons difiEicile et cruelle :
« Homme ne vit un tel rassemblement. ^ Un peu plus loin qu'on ne lance un bàiion^ L'émir se place en avant des payons.
Puis il leur dit et montre ses raisons :
« Suivez, payens, car je suis sur la route, i» n agitait le bois de son épieu, Vers l'empereur il en tournait la pointe, aoi.
w ^êx
Charles le Magne aperçoit Baligant,
Et le dragon, l'enseigne et rétendard :
Les Sarrazins mènent si grandes forces
Que la contrée en est toute couverte,
Sauf les endroits que les Français ont pris.
n crie aux siens de sa voix haute et forte :
<c Barons français, vous êtes bons guerriers I
a Vous avez fait tant de grandes batailles !
a Tous ces payens sont félons et couards :
ce Toute leur foi ne leur vaut un denier.
<c S'ils sont nombreux, seigneurs, que nous importe?
a Qui veut marcher, vienne vite avec moi. if
Des éperons il pique son cheval.
Et Tencendor en a fait quatre sauts.
Français disaient : «(C'est un roi courageux !
« Chevauchez, brave, et nul ne vous faudra. )>
LA BATAILLE COMMENCE, ET BAUGANT EXOTE