XLI
A Saragosse voilà donc un grand émoi.
Or il y avait un noble combattant, Fils d'un aumacour et qui était puissant. A son seigneur il parle très sagement : (<. Beau sire roi, pas de crainte, « Voyez Ganelon, voyez le traître, comme il a changé de visage. » A01
Le roi Marsile s'en est alors allé dans son verger ; 11 n'y emmène que les meilleurs de ses hommes. JJlancandmi, au poil chenu, y vient avec eux Ainsi que Jurfaleu, son iils et son héritier. 505 Le Calife y vient aussi, qui est l'oncle de Marsile et son fidèle ami.
« Appelez le Français, » dit Blancandrin. « Il m'a engagé sa foi pour notre cause. « — Amenez-le, » dit le Roi.
Rlancandrin est allé prendre Ganelon aux doigts, par la main droite; 510 II l'amène au verger près do Marsile,
Et c'est alors qu'ils préparent la trahison infâme.
Aoi.
500. Lacune comblée. Voir la note du I 50k Jurfaleu moiirl à Roncevaux, de v- J1,S' ! la main de Roland. Cf. le vers 1904.'
« Beau sire Ganelon, » a dit le roi Marsile,
« Je fis preuve de folie avec vous,
« Quand, par colère, je voulus vous frapper. 515 « Mais avec ces peaux de martre je vous en fais réparation :
« Elles viennent d'être ouvrées et achevées aujourd'hui même,
« Et valent en or plus de cinq cents livres.
« Vous les aurez sur-le-champ, et c'est vraiment une belle amende. »
Au cou de Ganelon Marsile les attache.
« Je ne les refuse point, » répond Ganelon,
« Et que Dieu, s'il lui plait, vous en récompense lui-même ! » Aoi.