CLXXVIII
Quand Roland voit que son ami est mort, 2<>25 Quand il le voit là, la face tournée vers l'Orient,
2023. Jamais sur terre, etc. Les Remaniements de Paris et de Lyon nous olïrent ici un incident qui n'était évidemment pas dans le lexte primitif. Il s'agit de la communion symbolique d'Olivier, qui lui est administrée par Roland : Trois poiz a pris de l'herbe verdoiant. — Liange Dieu i descendent à tant; — Uamne de lui emportent en chant mt. Lyon.! = Nous avons parlé ailleurs de ce singulier sacrement, que l'on peu! rapprocher de ces confessions faites à un laïque, donl nous avons aussi plus d'un exemple dans n<» Chansons de geste. Il s'agit de la communion eucharistique reçue par les chevaliers sous l'espèce de l'herbe ou de la verdure. A défaut de prêtres, à défaut d'hosties consaci ées, les chevaliers se < ommunient
;mv drs feuilles d'arbre, avec des brins d'herbe. Élie de Saint -Gilles rencontre un chevalier mourant. Plein de charité, il s'élance vers lui : Entre ses bras le prist , — Prist une fuelle d'erbe, à la bouce li tnist. — Dieu le fait aeonoistre et ses peciés ge/iir. — L'amne part.
. B. N. anc. Lav. 80, f° 77.) Dans Raoul de Cambrai , Savari communie Bei uiei après l'avoir confessé : Trois fuelles d'arbre maintenant li rotnpi ; — 77 les receut per corpi s Domini. | IJIit. Leglay, p. 327.) Et, dan- le même poème, on voit, avant la bataille, tous les chevaliei s de l'ai mée se donner la communion sous la même espèce : Chacuns frans hon de la pitié plora ; — Mains gentishon s't acumenia — De trois pous d'erbe, qu'autre prestre n'ia .
II ne peut retenir ses larmes et ses sanglots;
Très doucement se prend à le regretter :
« Mon compagnon, » dit-il, « quel malheur pour ta
vaillance !
« Bien des années, bien des jours, nous avons été
ensemble.
« Jamais tu ne me fis de mal, jamais je ne t'en fis; 2030 « Quand tu es mort, c'est douleur que je vive. » A ce mot, le Marquis se pâme Sur son cheval, qu'on appelle Veillantif : Mais il est retenu par ses étriers d'or fin : Où qu'il aille, il ne peut tomber. Aoi.
2035 A peine Roland a-t-il repris ses sens,
A peine est-il guéri et revenu de sa pâmoison, Qu'il s'aperçoit de la grandeur du désastre. Tous les Français sont morts, il les a tous perdus, Excepté deux, l'Archevêque et Gautier de l'Hum.
2040 Celui-ci est descendu de la montagne,
Où il a livré un grand combat à ceux d'Espagne. Sous les coups des païens vainqueurs tous ses hommes
sont morts : Bon gré, mal gré, il s'est enfui dans ses vallées, Et voilà qu'il appelle Roland : « A mon aide ! à mon aide!
(Ibid., p. 95.) Dans Renaus de Montauban, Richard s'écrie : Car descendons à terre et si nos confessons, — Et des peus de cette herbe nos acomenion.
(Édit. Michelant, p. 181, vers 26, 27.) Dans Aliscans, la communion de Vivien est réellement sacramentelle : Guillaume, par un étonnant privilège, a emporté avec lui une hostie consacrée, et c'est avec cette hostie qu'il console et divinise les derniers instants de son neveu. Quant à la communion parle feuillage,