CABOT
Cabot, pourquoi donc es-tu triste?
N'est-tu pas heureux d'être artibte ?
Non, la carrière qui t'attriste
Est le tombeau De tes illusions de gloire, De tes beaux projets de victoire, Et le berceau de ton déboire...
Pauvre Cabot I
Bien drapé dans ta suffisance, Aussitôt qu'un ami t'encense, Tu crois être un génie immense
Petit nabot !
Tu rêves l'amour, la richesse !
Mais au théâtre argent, maîtresse, Tout se fond quand le rideau baisse,
Pauvre Cabot !
Après avoir pioché ton rôle, Le bon public qui te contrôle.
Applaudit s'il te trouve drôle.
Succès trop beau !
Car ayant dormi, le critique, Le lendemain dans sa chroniqu; Te traite dt^ vieille bourrique.
Pauvre Cabot î
PAl'VRp: CABOT
A la scène, rien ne te manque :
Sur ton corps la direction flanque Fourrures et billets de banque,
Riche jabot !
Mais, chez toi, bonsoir le bien-être, Car le froid glacial qui pénètre.
Met des vitraux à ta fenêtre, Pauvre Cabot î
Un jour, pigé par la bronchite.
L'hôpital t'offre un dernier gîte, C'est la camarde qui t'invite I
Et du corbeau.
Un carabin prenant la place, Viendra, le sourire à la face.
Pour déchiqueter ta carcasse.
Pauvre Cabot !
UN