‹ La chanson des CabotsChapitre 5 sur 31 · LE BOUQUET · texte numérisé non relu

LE BOUQUET

Des fleurs, si vous en désirez, Vous pouvez, ô. divine fille, Facilement vous en parer En rassemblant votre famille...

Je compose votre bouquet :

Guculc-dc-Lmip : La belle-mère ; Pissenlit : Le frère cadet ; Mimosa (bien jaune) î.., le père ;

4 s LA CHANSON DES CABOTS

Fleur blanche : \^otre chaste sœur ; Rose... C'est vous, ça se devine ; Et, — ne pouvant pas être fleur — Votre joli cousin... L'épine !

LA P'TIT' SOCE

LA P'TIT' SOCE

AIR : On les guillotinera.

REFRAIN

On les guillotinera

Les syndics de la p'tit' soce,

On les guillotinera,

Et les artist's, y rira.

Certain jour un épicier, Vn coiffeur, puis un fumiste, Las d'exercer leur métier, D'ia gloir' se mir'nt à la piste

« Mon Dieu ! que ferions-nous bien

« Afin d'épater les foules ?

« La politiqu', ça n'vaut rien,

« On nous prendrait pour des moules !

Le fumiste toujours prêt A raconter des sornettes, Dit : Messieurs, il nous faudrait Fabriquer des chansonnettes.

Et sitôt dit, sitôt fait.

Ils fir'nt séance tenante Un' chanson qui s'appelait :

« Le fut' sï^et de ma tante. »

L'épicier plaçait gaiement D'mots épicés tout un groupe ; L'fumiste un p'tit boniment, Et l'coiffeur soignait la coupe.

LA P TIT SOCE

Ils fir'nt rimer sans façon Vos caress's avec... « mes formes ! »

Et cett' première chanson Obtint des succès énormes.

Les trois amis constatant Que la chose était facile, En pondirent tant et tant Qu'on put les compter par mille.

Au lieu de se contenter D'une gloire aussi complète, Ik formèr'nt un' société Pour empocher d'ia galette.

Se moquant de l'opinion, Du public, des journalistes, Ils ramasser 'nt du pognon, Et devinr'nt capitalistes.

Apprenant que de l'esprit Montmartre est la capitale, D'suite alors ils se sont dit :

C'est là qu'il faut qu'on s'installe.

Mais des artist's, un beau jour, Comme eux, pleins d'intelligence, Devenant poèt's à leur tour, Leur fir'nt un' grand' concurrence.

Alors nos trois citoyens S' voyant dégommés d'ia sorte, Cherchèrent quelques moyens Pour les flanquer à ia porte.

L'un d'eux s'écrie : Eurêka !

Nous allons — c'est très commode Former un p'tit syndicat, Et nous fabriquer un code.

Sans l'aid' d'aucun magistrat,

Ils fir'nt une loi parfaite :

« L' syndicat ajournera

Les chanteurs jusqu'à perpcte ! »

V'ià comment les épiciers, Les coiffeurs et les fumistes.

Ont r droit d'être chansonniers, Tous, excepté les artistes I...

On les guillotinera,

Les syndics de la p'tit' soce

On les guillotinera,

Et les artist's, y rira!

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