‹ La chanson des gueuxChapitre 66 sur 110 · PAS FRILEUX · texte numérisé non relu

PAS FRILEUX

Moi j'ai P cœur gai. C'est pas ma faute. •F rigoP quand j' vois les gens d' la haute L' cou engoncé comme des bossus.

On doit rien suer sous leur capote !

Et quand qu'on a sué, çà ch'lipdte.

J' voudrais pa' et* leur pardessus.

Et moi sauciss\ j' su quand j' turbine. Mais, bon sang ! la danse s' débine Dans P coulant d'air qui boit ma sueur. Eux aut's, c'est pompé par leur linge.

Minç' qu'ils doiv' emboucanner P singe.

Vrai, c'est pas P ling' qui fait P bonheur.

Est-c' qu'un mâle a besoin d' limace,

D' can'çon, d' flanell' ? C'est d' la grimace.

Bon pour frusquiner nos jeun's vieux !

Moi, j'ai du sang, du nerf, d' la moelle, Du poil partout. Ça m' tient lieu dHoile. J'ai froid nul? part, surtout aux yeux.

Aussi j' suis gai. Quand la lansquine M'a trempé V cuir, j' m'essui' l'échiné Dans le vent qui passe et m' fait joli ; Et j' soutiens qu' les gens vraiment sales C'est ceuss que pour laver leurs balles Il leurs en faut cinque d'Buïly.

Viv' la gaîté ! J'ai pas d' chaussettes; Mes rigadins font des risettes ; Mes tas d' douilards m' servent d' chapeau; Mais avec vous j' chang'rais pas d'mise. Que qu' ça fait qu'on n'ait pas d' chemise, Quand qu'on a du cœur sous la peau ?

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