PAS FRILEUX
Moi j'ai P cœur gai. C'est pas ma faute. •F rigoP quand j' vois les gens d' la haute L' cou engoncé comme des bossus.
On doit rien suer sous leur capote !
Et quand qu'on a sué, çà ch'lipdte.
J' voudrais pa' et* leur pardessus.
Et moi sauciss\ j' su quand j' turbine. Mais, bon sang ! la danse s' débine Dans P coulant d'air qui boit ma sueur. Eux aut's, c'est pompé par leur linge.
Minç' qu'ils doiv' emboucanner P singe.
Vrai, c'est pas P ling' qui fait P bonheur.
Est-c' qu'un mâle a besoin d' limace,
D' can'çon, d' flanell' ? C'est d' la grimace.
Bon pour frusquiner nos jeun's vieux !
Moi, j'ai du sang, du nerf, d' la moelle, Du poil partout. Ça m' tient lieu dHoile. J'ai froid nul? part, surtout aux yeux.
Aussi j' suis gai. Quand la lansquine M'a trempé V cuir, j' m'essui' l'échiné Dans le vent qui passe et m' fait joli ; Et j' soutiens qu' les gens vraiment sales C'est ceuss que pour laver leurs balles Il leurs en faut cinque d'Buïly.
Viv' la gaîté ! J'ai pas d' chaussettes; Mes rigadins font des risettes ; Mes tas d' douilards m' servent d' chapeau; Mais avec vous j' chang'rais pas d'mise. Que qu' ça fait qu'on n'ait pas d' chemise, Quand qu'on a du cœur sous la peau ?