‹ La chanson des heuresChapitre 13 sur 58 · AMOURS NOUVELLES · texte numérisé non relu

AMOURS NOUVELLES

0 toi dont la grâce farouche A si longtemps fui mon baiser, Je voudrais laisser sur ta bouche Toute mon âme s'épuiser.

Car j'ai bu, sur tes chères lèvres, Plus d'ivresse, en quelques instants, Que n'en avaient rêvé les fièvres De mon désir meurtri longtemps.

Car jamais, dans d'autres étreintes, A mes lèvres n'était monté, Comme de brûlantes empreintes.

Le feu par ton souffle apporté.

Par ton souffle qui me pénètre Et, jusqu'à mon cœur descendu, L'emplit du regret de ton être Et brûle mon être éperdu.

Ah ! que n'ai-je, en cette heure pleine D'amour et de bonheurs ardents.

Laissé fuir ma dernière haleine, Avec mon âme entre tes dents !

Tes dents où mon désir se broie Et pour qui mon amour est tel Qu'il leur voudrait donner pour proie Mon cœur dans un baiser mortel î

Ce que j'aime de toi c'est le charme penseur Que laissa sur ton front ta première détresse, C*est le lent souvenir où ton regret caresse D'un amour innommé la défunte douceur.

Ce que j'aime de toi c'est le charme obsesseur Dont m'étreint à jamais ta beauté charmeresse, Toi que je vis sourire et nommai ma maîtresse, Toi que je vis pleurer et j'appelai ma sœur !

Ce que j'aime de toi c'est ton corps, c'est ton âme, C'est ton souCfle plus pur qu'un souffle de Cinname, C'est de les longs cheveux le parfum doux et cher,

C'est ta bouche qui mord, ton regard qui pénètre ! Ce que j'aime de toi, chère, c'est tout ton être. Ce que j'adore en toi c'est mon rêve fait chair !

Mon cher amour, si tu savais Quel charme divin te décore, Tout ce que de beau je rêvais, Ta beauté le surpasse encore.

Mon cher amour, quand tu parais.

Tout devient clair dans mon ciel sombre Tout ce que de doux j'espérais De ta douceur n'était que l'ombre.

Mon cher amour, en vérité, Tout ce que l'espoir et le rêve Ont connu d'infini s'achève Dans ta douceur et ta beauté !

Fier comme un beau rêve d'artiste Dans la pierre dure sculpté, Ton regard a, dans sa clarté, Des transparences d'amétliiste.

Et mon âme, joyeuse ou triste, Suivant qu'il plait à ta beauté, Comme dans un lac enchanté S'y plonge ; et plus rien ne subsiste

De tout co (juc j'.iimais jadis :

Mon enfer et mon paradis

Sont dans tes yeux, enchanteresse !

Dans tes yeux au charme obsesseur, Et dont la mortelle douceur A son gré déchire ou caresse.

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