‹ La chanson des heuresChapitre 15 sur 58 · RN A IM A NT · texte numérisé non relu

RN A IM A NT

0 bienheureuses ces fleurs Me laissant triste loin d'elles, Et qui t'apportent, fidèles, Mes baisers avec mes pleurs.

Dans ces boutons où flamboyé

L'Espoir j'ai mis tous mes vœux.

Laisse les, — suprême joie, —

S'ouvrir dans tes noirs cheveux !

Au sein large des corolles, Sous les pétales ouverts, J'ai caché mes craintes folles Et les maux que j'ai soufTerts.

Mon àme, où gémit le doute, Gît sous ces roses couleurs.

Que ne l'aspires-tu, toute.

Avec l'ame de ces fleurs 1

Ah ! comme cette nuit fut brève Et pleine d'instants enchantés !

Je dus à la pitié d'un rêve De la passer à tes côtés.

Autour de moi ta chevelure Répandait son parfum si cher, Et je sens encore la brûlure Que ta chair posa sur ma chair.

Ton beau corps aux blancheurs nacrées Ondulait sous mes yeux charmés Et, sur tes splendeurs adorées, Mes baisers s'élançaient pâmés.

De tes pieds blancs jusqu'à tes lèvres, Ils montaient, éperdus, en chœur.

Et l'afTre de mes longues fièvres Se calmait au bruit de ton cœur.

Et maintenant, je pense à l'heure Où, près de moi, tu reviendras ; Et déjà je tremble et je pleure, Croyant te sentir dans mes bras !

KN AIMANT H-''

Je te rapporte un cœur plus follement épris En qui l'absence a mis de nouvelles tendresses ; Et, d'avoir plus longtemps attendu tes caresses, Je sens que leur retour n'aura que plus de prix.

Beaux regards qui mentez et bouche qui souris,

Maid qui mets des frissons dans la main que tu presses

De mon cruel amour délices charmeresses.

Attrait doux et mortel des maux que je soufTris l

Il V I. A CHANSON DES HEURES

Me revoici ! — je rends à mes tourments leur proie !

0 ma seule douleur, ô mon unique joie,

Sur Tesclave à genoux mets ton pied triomphant.

Je tends au joug un front prêt h saigner encore. Mon se-in prêt à s'ouvrir à ta main que j'adore! Je te rapporte un cœur que plus rien ne défend !

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