PROLOGUE
Mes vers ne sont pas les abeilles, Chastes pourvoyeuses de miel, Qui, sur les floraisons vermeilles.
Promènent l'or vivant du ciel.
Ce sont les cantharides vertes.
Apres aux lourdes frondaisons Et dont les ailes entr'ouvertes Distillent d'amoureux poisons.
Ce ne seront plus choses vaines Que les maux qu'ils m'auront coûtés, S'ils font couler dans d'autres veines Le suc mortel des voluptés;
S'ils sont le fouet qui tourmente La chair inhabile au plaisir; Si l'amant les dit à l'amante Pour aiguillonner son désir ;
Si, pétris d'immortelle fange,
Par les siècles, — cruels charmeurs.
Ils emportent le mal étrange
Dont j'ai cru vivre et dont je meurs î
INTKUMKDES l'AÏliNS 1 l'J