‹ La chanson des heuresChapitre 17 sur 58 · PRÉLUDE · texte numérisé non relu

PRÉLUDE

As-tu connu les temps où l'heure souriante, Comme un fleuve d'azur, s'écoulait en chantant, Où tout était clarté sous le ciel éclatant, Où l'écho redisait le doux nom d'Euryanthe ?

Le soleil dans l'éther, la nymphe au fond des bois, Des cœurs énamourés le tranquille délire, Tout vivait sous les lois du thyrse et de la lyre. Dans les siècles païens qu'évoque encor ma voix.

Temps d'amour et de fête où j'ai rêvé de vivre, Sentant le vert laurier trembler dans mes cheveux : Temps d'amour et d'orgueil que j'aime et dont je veux Évoquer le fantôme adoré dans ce livre I

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DAPIINÉ

Te souvicnt-il, Daphné, que lu m'aimas jadis, Derrière l'horizon de ces âges maudits?

Sous les arbres profonds et le ciel de la Grèce, Te souvient-il, Daphné, que tu fus ma maîtresse?

Tes beaux pieds nus foulaient mon cœur et les raisins; Mon rêve s'abritait à Fombre de tes seins. Et, sur mon flanc meurtri d'une ardente brûlure, Tu laissais ruisseler ta rouge chevelure.

J'ai senti dans tes bras mon souffle se glacer : —

Je suis mort de t'aimer et revis d'y penser.

Fille amère par qui mon âme au temps ravie

A connu la douleur bien avant cette vie.

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