‹ La chanson des heuresChapitre 20 sur 58 · THESTYLIS · texte numérisé non relu

THESTYLIS

Tes noirs cheveux m'ayant dérobe ton visage, — Comme la Nuit où meurt la floraison des lis, - Des grâces de ta face, ô chaste Thestylis, Les grâces de ton corps me furent un présage.

J'ai deviné l'éclat de tes yeux aux chaleurs Divines de ton ventre et de ta croupe nue : De mes mains à mes yeux ton image est venue, Comme naît d'un parfum la vision des fleurs.

Va, tu n'as rien gagné de m'être ainsi farouche, En me cachant ton front sous ce voile obstiné. A parcourir tes flancs mes yeux l'ont deviné. Et mes baisers plus bas ont su trouver ta bouche.

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NÉÈRE

Néère m'avait dit : (( S'il est vrai qu'on renaisse (( Et que la grande mer des temps ait des reflux (( En qui reparaîtront ceux qu'on ne voyait plus, (( Retrouvons-nous, ami, dans une autre jeunesse.

« Dans un autre printemps nous saurons enfermer (( Des siècles à venir la longueur infinie « Et tous les biens que l'heure amère nous dénie : (c Nous mettrons en commun le bien cruel d'aimer î »

Quand le flot attarde quitte, en pleurant, la grève,

Je me souviens, Néère, et, triste d'être seul,

Les brumes t'entr'ouvrant leur humide linceul.

Je te revois fidèle et blanche dans un rêve.

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