‹ La chanson des heuresChapitre 32 sur 58 · A UN MORT QUI PASSE · texte numérisé non relu

A UN MORT QUI PASSE

Qui que lu sois, mort qui t'en vas, Je te salue et je t'envie :

J'ignore ce que tu trouvas De doux et d'amer dans la vie ;

J'ignore si tu fus aimé De ceux-là même qui te pleurent :

— Notre cœur est bientôt fermé Et nos chagrins aussi nous leurrent.

I7n LA CHANSON DES HEURES

J'i^iioiT si tu lus clément,

Juste et doux pour les autres hommes

Notre bonté souvent nous ment,

Et Dieu nous fit ce que nous sommes.

Mais je sais que, le soir venu Et la tâche enfin révolue, Dormir est doux ! — Mort inconnu, Voilà pourquoi je te salue !

S(Hi II A l'i's i<:'r i> 1': d ic a c ks

ANNIVKUS AIIIK

A ALHERT LTOUVILLE

L'aïeule est là debout : quatre-vingt-six années N'ont pas dompté son corps frêle ni son esprit ; En sillons glorieux le devoir est écrit Sur ses tempes d'argent et d'honneur couronnées.

L'exemple est là debout qui dit à tous : Aimez î Donnez à vos enfants la moitié de votre âme ; A se répandre ainsi s'en ravive la flamme Qui ne s'éteint trop tôt que dans les cœurs fermés.

I7S I.A CHANSON DES HEURKS

L'cxcni]»!»' rsi la (jui d'il : Vivez pour la famille, Pour Taustèro vcrlu, pour le foyer plus doux, Pour tout re qui respire h votre ombre et par vous. Comme au pied des ^a-ands bois les fleurs de lacbarmille.

L'exemple est là qui dit : Pour nous rien n'est perdu ; Car, pareille à l'aïeule et vaillante comme elle, La France porte en soi la jeunesse éternelle. Et son honneur sera par ses fils défendu !

Près de l'aïeule, ainsi qu'un lis pur sous les branches.

Croît sa petite-fille, — elle a seize ans comptés.

Tels, sous les cieux baignés de polaires clartés,

On voit les couchants d'or se joindre aux aubes blanches.

s ou H Airs i-;'r di: d ic ac i<:s 17'.)

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l/ciiraiil dil, : .In suis r;iiil)(i (îl je suis rrspri'.iiK'c !

MiîS y(Ui\ u'oiil, (Ml (le pleurs (pic li'S pleurs di; |;i Ki-.iucr;,

Miiis j(î scus (liius mon l'œur s(îs (l(!slius r('l(;v(';s !

De raïeulu à i'uulcuit ([ucdk's s.iiiiles ciir('ss(îs ! Heureux eeux que le temps, de si loin, n';uuil, Tiges du même tronc, oiseaux du même nid, Cœurs faits du même sang et des mêmes tendresses !

A toutes deux buvons un verre de vin vieux. A l'Aïeule ! à l'Enfant ! au sort qui les rassemble ! Puissent nos yeux longtemps les contempler ensemble, En elles saluons nos fds et nos aïeux !

i janvier l(S77

ISO LA CHANSON D li S liliUKES

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