ÉPILOGUE
En attendant qu'un dieu vienne à ce siècle impie, Qui dans nos cieux éteints rallume des flambeaux Et dresse encore, à l'heure où le doute s'expie, Un espoir immortel sur le seuil des tombeaux ;
En attendant qu'un dieu vienne à ces temps infâmes. Qui rehausse les cœurs et prosterne les fronts Et, soulevant du sol le vol craintif des âmes, De l'Idéal vaincu venge enfin les afl'ronts
En attendant qu'un dieu vienne h cet âge sombre, Qui porte la lumière en nos obscurs destins, Sous ses pieds glorieux fasse resplendir l'ombre, Vainqueur des dieux passés et des cultes lointains ;
En attendant ce dieu dont le mal nous torture, Mais que rien ne promet à notre vain espoir, — Puisque, par une loi de l'humaine nature, Comme le corps de pain, Tàme vit de devoir.
Le Devoir, l'Idéal, le Dieu, c'est la Patrie ! Apportons à ses pieds nos désirs immortels, Relevons dans nos cœurs son image meurtrie : Sur les autels brisés redressons ses autels !
Car les dieux sont bien morts, et Toi seule est sacrée,
Aïeule des aïeux dont l'àme vit en nous.
Foyer de nos foyers, France, mère adorée.
Dont le nom doux et cher fait ployer nos genoux.
Oui, Toi sculo nst sarn'îo et vaux d'ôtrc servie D'un civuv lidcîlc et pur, (Tuii culln doux et fort, France, dont le soleil nous a donncî la vie ! — Et, lorsque dans tes bras nous couchera la Mort,
Cet espoir nous sulTit, comme aux races prochaines, Que sur notre tombeau ton nom soit répété Et d'aller recueillir, sous l'ombre de tes chênes. Dans tes flancs immortels, notre immortalité !
FANTAISIES CÉLESTES