COUCHANT
N'étant plus qu'un brouillard vermeil, L'horizon dans la nuit recule.
— Je voudrais, comme le soleil, Mourir dans l'or d'un crépuscule ;
Sentir l'universel émoi Suivre, au loin, ma trace blanchie Et, d'une grande ombre, après moi, Laisser la terre rafraîchie ;
Descendre seul dans mon tombeau, Mais léguer mon Ame à la nue, Pour y rallumer le flambeau De chaque étoile au ciel venue ;
Emporter la vie, et, pourtant, La laisser rayonner encore ; Donner au monde palpitant Le gage sacré d'une aurore !
Sûr de remonter le chemin Qu'a gravi ma course première, Garder en moi mon lendemain Fait de chaleur et de lumière.
Car l'àme d'un astre vermeil Au feu de mes veines circule, Et je veux, comme le soleil.
Renaître dans un crépuscule !