DANSE D ETOILES
Triste de quelque amour perdu, Rêvant aux délices passées, J'étais sur la terre étendu Parmi les bruyères froissées.
L'ombre, en vibrant, montait dans l'air. Des arbres profonds vers la nue, Et la lune, au bord du ciel clair, Découvrait son épaule nue.
Comme s'accroissait mon émoi De l'émoi fraternel des choses, Un rossignol, tout près de moi.
Chanta dans un buisson de roses,
Et, comme en un divin réseau, L'àme prise par la cadence.
Je vis, aux chansons de l'oiseau, Les étoiles entrer en danse.
Leur pas grave semblait celui D'un chœur antique qui s'éveille Ainsi la trace en avait lui Et la grâce en était pareille.
Mais, précipitant ses sanglots.
L'oiseau déliait sa voix sûre Et je vis, de mes yeux mi-clos, La danse presser la mesure.
Ce lui, à cliaciuc nioiiViMMcnl, Un scintillement d'étincelles :
On eiU dit i\\ir le firmament Se brisait en mille parcelles...
Je m'éveillai !... — les cieux railleurs, Immobiles, tendaient leurs voiles.
— Mon amour, à travers mes pleurs.
J'avais vu danser les étoiles.
IMMACULATA VIRGO
Comme un duvet de cygne épars à Fhorizon, En neigeuses blancheurs s'éparpille la nue ; Sur ce lit floconneux, doux comme une toison, Va s'étendre l'Aurore éblouissante et nue.
Déjà ses seins rosés percent l'azur flottant,
Gomme un voile qui s'ouvre à l'ampleur de ses charmes,
Et, sur l'oreiller bleu des collines, s'étend
Sa chevelure d'or, où court un flot de larmes.
Puis, son vontiM» inoiilaiil à rOi'iciil vermeil, De sou noml)ril profond i-.iyoniH* la liiinièro : De son flanc virginal jaillit lo Dicu-Soloil... Puis l'Aurore s'éteint dans sa candeur première.
iO LA CHANSON DES II E U R K S