LE VŒU
Assis au revers d'un chemin, — L'ombre en noyait les avenues, - Tout seuls et la main dans la main, Je baisai ses épaules nues.
Blanche la lune se levait, — L'ombre en redoublait son mystère Au moindre souffle, tout avait Des frissons d'amour sur la terre.
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Kt je rospirais ses clH'vriix. ..
— ï/oinl)r(^ (Ml hiivait rôdeur suavo —
Et lui disais : « O quo lu V(mix,
» Je lo lorai, moi, (ou esclave !
» Te faut-il la llour du rocher?
-- l/ombre emplissait le précipice » Je mourrai pour le la chercher, » Mais dicte-moi le sacrifice î
» Veux-tu tout le sang de mon cœur ?
— L'ombre en pressait le flot rapide - » Si l'amour ne m'a fait vainqueur, » Au moins il m'a fait intrépide.
» Parle et vers moi tourne les yeux !...
— L'ombre y palpitait comme un voile :
Mais elle, regardant les cieux,
Me dit : <( Je voudrais cette étoile !
» La plus lointaine du ciel clair... »
— L'ombre, en vain, semblait les confondre
Son doigt restait fixé dans l'air;
Je le suivais sans lui répondre.
Alors, de sa plus tendre voix :
— L'ombre en alanguissait le charme —
(( Ami, l'étoile que tu vois
» Là-bas, c'est ma première larme !
» Toute femme avec ce trésor,
» Laisse choir la fleur de son âme.
» Sa pureté luit dans cet or ;
» Son cœur brûle dans cette flamme 1 »
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LEVER DVÉTOILES
En vain, Midi, sur les cieux, Tend ses lumineuses toiles :
Je cherche toujours leurs yeux Dans les couchants pleins d'étoiles.
A la première allumée Sur le bord de l'horizon.
Je donne tout bas ton nom, Ma première bien-aimée l
ii LA CHANSON DES HEURES
Le regard descend sur moi De celle qui t'a suivie Et me rend l'antique émoi :
Car celle-là prit ma vie !
Ainsi chacune se lève, Doux spectre parmi mes pleurs Toutes me jettent des fleurs, Une seule porte un glaive.
Vainement, pour fuir ce fer, Je suis vos ombres peureuses, 0 premières amoureuses Par qui je n'ai pas souffert,
Et, pour braver ses rayons.
Mon cœur, où l'effroi murmure Revêt, ainsi qu'une armure, L'or des constellations l
KANTA ISI l«:S C !•; LMSTKS
DOULEIJH CKLKSTR
Les astres, larmes immortelles, Roulent dans l'œil profond des cieux.
Quel désespoir silencieux Ces larmes nous révèlent-elles ?
Ainsi que des perles, sans bruit Elles s'égrènent dans la nue.
— Sous quelle douleur inconnue Un dieu pleure-t-il dans la nuit ?
46 LACHANSON DES HEURES
Touché de rhumaino torture, Mesurant la mort et la faim, Ce dieu se repent-il enfm D'avoir créé la créature ?
Et, jusqu'en ses remords amers, Savourant de douleureux charmes, Laisse-t-il choir For de ses larmes Dans le goufYre béant des mers?
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