‹ La chanson des heuresChapitre 7 sur 58 · LE VŒU · texte numérisé non relu

LE VŒU

Assis au revers d'un chemin, — L'ombre en noyait les avenues, - Tout seuls et la main dans la main, Je baisai ses épaules nues.

Blanche la lune se levait, — L'ombre en redoublait son mystère Au moindre souffle, tout avait Des frissons d'amour sur la terre.

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Kt je rospirais ses clH'vriix. ..

— ï/oinl)r(^ (Ml hiivait rôdeur suavo —

Et lui disais : « O quo lu V(mix,

» Je lo lorai, moi, (ou esclave !

» Te faut-il la llour du rocher?

-- l/ombre emplissait le précipice » Je mourrai pour le la chercher, » Mais dicte-moi le sacrifice î

» Veux-tu tout le sang de mon cœur ?

— L'ombre en pressait le flot rapide - » Si l'amour ne m'a fait vainqueur, » Au moins il m'a fait intrépide.

» Parle et vers moi tourne les yeux !...

— L'ombre y palpitait comme un voile :

Mais elle, regardant les cieux,

Me dit : <( Je voudrais cette étoile !

» La plus lointaine du ciel clair... »

— L'ombre, en vain, semblait les confondre

Son doigt restait fixé dans l'air;

Je le suivais sans lui répondre.

Alors, de sa plus tendre voix :

— L'ombre en alanguissait le charme —

(( Ami, l'étoile que tu vois

» Là-bas, c'est ma première larme !

» Toute femme avec ce trésor,

» Laisse choir la fleur de son âme.

» Sa pureté luit dans cet or ;

» Son cœur brûle dans cette flamme 1 »

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LEVER DVÉTOILES

En vain, Midi, sur les cieux, Tend ses lumineuses toiles :

Je cherche toujours leurs yeux Dans les couchants pleins d'étoiles.

A la première allumée Sur le bord de l'horizon.

Je donne tout bas ton nom, Ma première bien-aimée l

ii LA CHANSON DES HEURES

Le regard descend sur moi De celle qui t'a suivie Et me rend l'antique émoi :

Car celle-là prit ma vie !

Ainsi chacune se lève, Doux spectre parmi mes pleurs Toutes me jettent des fleurs, Une seule porte un glaive.

Vainement, pour fuir ce fer, Je suis vos ombres peureuses, 0 premières amoureuses Par qui je n'ai pas souffert,

Et, pour braver ses rayons.

Mon cœur, où l'effroi murmure Revêt, ainsi qu'une armure, L'or des constellations l

KANTA ISI l«:S C !•; LMSTKS

DOULEIJH CKLKSTR

Les astres, larmes immortelles, Roulent dans l'œil profond des cieux.

Quel désespoir silencieux Ces larmes nous révèlent-elles ?

Ainsi que des perles, sans bruit Elles s'égrènent dans la nue.

— Sous quelle douleur inconnue Un dieu pleure-t-il dans la nuit ?

46 LACHANSON DES HEURES

Touché de rhumaino torture, Mesurant la mort et la faim, Ce dieu se repent-il enfm D'avoir créé la créature ?

Et, jusqu'en ses remords amers, Savourant de douleureux charmes, Laisse-t-il choir For de ses larmes Dans le goufYre béant des mers?

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