NOËL
Noël ! Noël ! Et c'est la neig-c !
Et c'est quand même la tristesse Oui tombe des cloches en Décembre!
Les longs mantelets noirs de Flandre S'ea vont, par les chemins de nuit, Vers les ég-lises éclairées.
Noël ! Et l'âme est envahie Par les ténèbres catholiques, Quand près des cierges liturgiques,
L'enfant dort.
Et la mort Rôde autour du berceau,
iC) LA CUANSON DU PAUVRE
Sous les voûtes et les arceaux, Et son esprit fidèle, Ame du marbre et de la pierre, Passe dans les chandelles, Et crépite dans leurs lumières, Tristement.
Noël ! Noël ! L'enfant Jésus, Oui tend ses deux mains vers la vie, Obstinément ferme les yeux, Pour ne pas voir la mort qui plane.
Et les mnins jointes en prière, Et ces douleurs mises en croix ! — Et pour ne pas sentir le froid Oui sort des dalles et des pierres.
Quand le printemps est dans son cœur.
Quand l'espérance est dans son âme Et que le bœuf et l'âne, De leur souffle aussi doux qu'un rayon de soleil, Réchauffent ses petits bras nus l
Noël ! Noël ! Le bœuf et l'âne...
Et le foin parfumé...
C'est la nature et c'est la vie.
C'est la senteur des mois de mai !
Noël ! Noël 1 C'est le bœuf et c'est lune
Apportant humblement Dans cette ég-lise de silence, De froid, de peur et de souffrance ;
Dans cet envoûtement
De la mort souveraine,
Le sain désir de vivre !
Et la bonté suprême !
l8 LA CHANSON DU PAUVRE